Dienstag, Dezember 19, 2006

Tel un tapis volant sur les nuages du temps jeudi 14 décembre

Voici qu'à nouveau un long silence s'est établi. Mais ce n'est pas une occasion pour se gratter la tête, les raisons étant évidentes ou lisibles dans mon agenda. En y réfléchissant et si les bases de mes calculs ne sont pas fondamentalement plein de fautes gigantesques (à propos, on dit "Yak" pour un géant en thai), le laps de temps entre le texte actuel, que je [m'aspire des doigts] (expression allemande quand on a du mal à pondre un texte n.d.t) et dont l'aspiration se communique à mon clavier (à trois étages, car clavier thai), selon les loi physiques des messieurs Dyson et Vorwerk, pas motivé pour un sou après une tasse d'un trés fort café (accessible en thailande qu'après un combat forcené) et le dernier texte (où je parlais de pierres, c'est ca?) compte 3 - je l'écris en entier pour plus d'emphase - trois semaines.
Je ne sais pas avec quelle rapidité le temps passe du côté de chez vous, le tour du globe à l'horizontale et ensuite on remonte un peu, mais ici - wusch! Le mois de novembre est passé à toute vitesse, finissant rempli d'excursions (comment s.v.p. traduire correctement "bpai tiau"? "rendre visite", "faire une excursion", "vacances" - un mélange de tout ca?)
Faisons donc un retour en arrière, fouillons dans les archives de la mémoire sous "pluie d'étoiles", 2 étagère à gauche, section novembre 2006.
"aujourd'hui j'ai dû saluer Ma-Miau quatre fois jusqu'à ce qu'elle me réponde,,," - non, c'est pas là. Qu'est-ce-qu'il y a dans le tiroir ... "hihi! deux éléphants viennent de passer dans notre rue" (comme d'habitude pour aller manger etc) - non, c'est pas ca non plus. Où ca peux bien être ... ah! là! "après quelques réflexions spirituelles et philosophiques la semaine tirait à sa fin et ..." - Oui, c'est exactement ca que je cherchais. Bon, retroussons nos manches. Que s'est-il bien passé?

Après quelques semaines normales (concernant les activités, j'allais juste à l'école) je suis allé avec Lynn à Chayaphum (capitale de la province) - nous avons fait qelques achats nécessaires, car dans ma petite ville Ampoe beaucoup de choses ne se trouvent pas - et j'ai passé la nuit chez elle (non sans conversation agréable, limonade faite maison et les "mémoires d'une Geisha"), pour ensuite partir pour trois jours à Loei. D'aucuns parmi vous vont à présent sauter de leur fauteuil de bureau et crier "mais je connais!"... ou tout au moins ce serait le cas idéal chez un lecteur attentif.
Oui. Il s'agit à nouveau de cette province montagneuse magnifique, extraordinaire et pourtant si inconnue (tout au moins en ce qui concerne les guides de voyage ordinaires) au nord-est, à peu près à 80 km de chez moi.
Cela reste pour moi une déclaration branlante, à savoir si vous aussi vous avez eu droit à cet évènement astrologique sous vos degrés de latitude, pour chez nous en tout cas je peux affirmer à juste titre qu'une pluie d'étoiles était annoncée pour le 18/19 novembre.
Et c'est là que ma professeur Ajan Arunocha (head du englishdepartment et une affectueuse lady thailandaise) a décidé de saisir l'occasion et nous a tous invités à venir chez elle dans sa maison là-haut dans les montagnes, d'autant plus que celle-ci porte le nom "maison-pour -regarder-les-étoiles" (baan-dschom-dtao).
Finalement l'expédition ne comportait qu'une autre professeur (ancienne advisor de Viktoria et de par ce fait très fatigante [bon, j'avoue que ca c'est nettement calmé], car elle passe son temps à raconter ce que "Viktoria a fait là" et "vicki ici"...), ses deux petits-enfants, une amie de ma grand-mère, moi-même et le mari d'Ajan Arunocha. Il n'y avait pas plus de candidats -ce qui a attristé Aj. Arunocha, car elle avait envie de montrer à tous sa super maison-, parce que le voyage des professeurs au festival des fleurs de Chiang-Mai était prévu pour la même période; j'avais résilié ma participation à ce voyage, les "visites d'autres écoles" etc typiques n'étant pas trop prometteurs. Ah oui, ma mère, elle, a participé au voyage, ce qui m'a évité des remarques par derrière. Ma grand-mère était à la maison, et elle trouvait super que "j'aille rendre visite à mon amie et professeur et que je dorme chez elle" et n'arrêtait pas de faire des remarques enthousiastes.
Retournons sur le highway de mon récit - nous sommes donc partis vendredi. J'étais assis à l'arrière sur le plan de chargement avec le neveu (ou petit-fils ou je ne sais quoi) de Aj. Sangwan, c'est sûr, on est les garcons...
Je me suis nouveau régalé durant le voyage. Ces infinies forêts couvertes de bambous et d'arbres géants, qui drapent les montagnes ondoyantes tel un tapis de velours vert foncé, qui, comme un géant versant de son arrosoir de la roche liquide, se répandent vers la vallée pour ensuite s'y étaler en terrasses de rizières joliment formées. La nuit, les lumières fascinantes et les couleurs au firmament m'ont dérobé le sommeil (sans que leur porte rancune), passant de l'orange du soleil couchant aux versants des montagnes brûlants en rouge et or, jusqu'aux nuances bleues et vertes du ciel nocturne.

Bref. La maison d'Aj. Arunocha (pour ceux qui ont une mémoire à trous - "Ajan" signifie "professeur") était véritablement comme un petit observatoire et un lieu de délassement sur un versant, au milieu du néant, à ses pieds (y a-t-il des chaussures pour les maisons?) un lac d'où s'agrippaient dans la nuit, fantômes muets, des bras osseux, et le matin les vieux arbres semblent des témoins immobiles du temps, quand la brume blanche ne s'est pas encore faite débusquer par le vent des plis et des vallées de la montagne. Mais savez-vous ce qui fait vraiment la différence? Ajan Arunocha est une femme intéressée, ouverte et ses deux maisons ne sont vraiment pas typiquement thai, pratiques et hétéroclites, au contraire tout est assorti, les photos sur les murs sont bien ordonnées et son portail est flanqué de deux superbes lions (singh) en bois de Chiang Mai. Elle s'intéresse aux autres et montre de la compréhension et est toujours attirée par un entretien (productif) (qu'elle provoque souvent). Et bien, la différence c'est: elle a voyagé! Oui, c'est du vrai de vrai! Elle était même déjà en allemagne et autre part (et je crois que c'est pour ca qu'elle est "head of department"), elle a fait connaissance du penchant occidental pour l'ésthetique et l'individualisme ... interéssant, non?
Durant ces trois jours vraiment sympas nous avons entrepris pas mal de choses - et ici aussi l'autre face des thailandais. Ils aiment (on y croit pas) l'aventure! ouiiii! Donc nous ne nous sommes pas contentés des lieus d'excursion habituels, coulés dans du béton (pour éviter les chutes désagréables) et truffés de panneaux-pour-se-mettre-devant-et-se-faire-photografier , non, nous sommes partis vers une cascade qui n'était accessible que par la forêt (ouh! là débute déjà l'aventure insurmontable et pas sanuk [rigolo et agréable] du tout) - en plus il s'agissait d'une forêt de bambous, j'avais toujours eu envie de voir ca.
Oui, et après bien sûr l'apothéose. Ma prof raconte encore volontiers avec fierté quelle "adventure" c'était et que aucun de mes autres profs n'a jamais vécu ca - nous sommes montéd sur la deuxième montagne de thailande dans un it-Taek, à travers la forêt vierge, jusqu'au fleuve, nous sommes grimpés sur un rocher (brut!), avons évidemment fait les inévitables photos-panneaux, redescendus à pied et hop sur le it-Taek.
Pour ne pas vous laisser dans l'obscurité, appuyons sur le commutateur: un it-Taek est une espèce de tracteur (ou peut-être une tondeuse?) transformé, avec des palettes de bois pour s'asseoir. Ces trucs bizarres réussissent je ne sais comment à gravir les "chemins" et les sillons montagnards impraticables et sont conduits de telle facon par le chauffeur, que celui-ci ne regarde pas la route devant lui, mais les roues sous lui.
Au début j'étais un peu troublé par ce chauffeur qui apparement observait sans cesse ses chaussures pourries ...
Bien - sinon j'ai appris durant les feux de camp à faire du Kao-Lam (riz collant avec noix de coco dans des tiges de bambous) et j'ai vu au moins ... pleiiiiin d'étoiles filantes, j'arrivais pas à suivre avec mes voeux. De toute facon mon voeu est toujours le même; pour cela nous (deux garcons) sommes sortis à quatre pattes de notre tente à trois heures du matin (il n'y avait plus de place dans la maison, qui de toute facon ressemble plutôt à un chalet assez primitif, ce qui en fait tout le charme) - vous n'imaginez pas combien on peut voir d'étoiles là-haut sur la montagne. Maintenant je sais avec certitude: il y a vraiment une multitude de ces petites loupiotes mystérieuses dans le firmament.
C'est le moment idéal pour évoquer un bienfait (assez douteux pour les thais) - là haut, et surtout dans notre tente, il faisait merveilleusement ... froiiiid. J'ai dû enfiler un pull la nuit! Vous comprendrez bien que c'était une variation bienvenue après 4 mois à 40 degrés humides.
Dimanche nous sommes retournés à la maison, en faisant un arrêt au "château de Loei" (en francais dans le texte, n.d.t.) - et imaginez, il n'y a ici bel et bien pas seulement du riz, des bananiers, des cannes à sucre et des fruit du dragon, quelques pieds de vigne se sont enracinés dans le sol du sud-est asiatique - et le produit peut même servir à faire du vinaigre.
Et la glace à la rose maison était encore meilleure que celle du Cheops à Aix-en-Provence!
Alors que nous avions tranquillement repris la route, le père s'est tout d'un coup arrêté, et nous, tous seuls et mis à part derrière -snif- nous n'avions aucune idée du pourquoi du comment sur cette route déserte. Il est deschendu armé d'une machette, et un connaisseur de "scream" aurait pris la panique au plus tard à ce moment-là. Mais ses pas se sont éloignés du véhicule et l'ont amenés à un groupe de bambous à proximité. Un, deux, trois et 5 troncs de 6 mètres étaient immobiles par terre (et ca avec des arbres!). Hache-hache, et ils sont venus se joindre à nous sur le pick-up.
Les bambous ont des espèces de petits poils blancs entre les feuilles qui grattent énormément, et ils se sont donc avérés des compagnons de route désagréables. Pour vous dévoiler la raison pour laquelle nous cherchons déjà des amis parmi les arbres: manger! Typique thai. Ces bambous que le mari d'Ajan a vu se balancer dans le vent au bord de la route serviront à faire du Kao Lam, dont je vous ai parlé plus haut. Oui oui.
Maintenant arrivons à la fin de l'histoire. Fin.

Ca c'était donc les étoiles. Le lendemain matin (lundi) en route pour une nouvelle destination - plonger dans une nouvelle aventure, composant ferme d'une année AFS: le week-exchange. Rendre visite pendant une semaine (l'envie de voyager et de vivre des aventures de la plupart des élèves, combinée avec l'intime vie à deux avec un ami [enfin plus si perdu et seul], il s'en suit que cela dure généralement un peu plus - moi avec mes 10 jours j'ai vraiment pas exagéré!) à un autre AFS, ou disons plus humainement à un ami, ce faisant sortir de "la maison" et faire connaissance d'une autre partie du pays.
Ce dernier point est particulièrement bien représenté, si je songe au nombre de fois où j'ai déjà voyagé...
Le matin donc j'ai pris le bus qui mène de Chum Pae (20 km de Phu Khieo) à Chiang Mai, avec un arrêt à Lampang pour voir ma chère Lena, avec laquelle m'attache une amitié trés stable, la meilleure au sein de l'AFS. Mes professeurs voulaient en fait que je prenne le bus pour Chum Pae tout seul (oho!) et que je me débrouille pour changer, mais le matin même ils ont changé d'avis, poussés par un inquiétude insumontable et injustifiable, et m'ont finalement accompagné.
Qu'à cela ne tienne, si ils ont absolument envie de se mettre en route une heure avant le début des cours, ca m'évite de payer 5 bahts.
Dois-je vraiment vous raconter le trajet? Non, juste un petit commentaire bête en marge... mais la route traversant les montagnes était si belle que même les thais, généralement immunisés contre les beautés de la nature sauvage, se sont acculés d'un côté du car pour admirer ces montagnes qui s'amoncelaient comme une forteresse, qui ondulaient dans leurs plis, leurs ravins et leurs robes entièrement vertes. Le car suivait les bords d'une de ces gorges, et comme tous les passagers étaient assis du même côté (vers le bord!), le véhicule s'inclinait dangereusement ...
J'ai quand même fini par arriver. Toutes mes craintes que Lena (qui sinon était toujours si contente, avait si bien appris le thai, était si bien intégrée dans sa collectivité locale et n'avait apparemment jamais de problèmes, le tout combiné avec une autre facon de voir l'année, car elle a déjà eu 3 AFS chez elle en allemagne et sa soeur a fait l'Amérique du Sud) risquerait de pas mal me négliger ou qu'il y aurait une situation désagréable lors de présentations, toutes ces craintes se sont envolées. Nous sommes aussi allés voir ses amis un peu foufous dans sa ville (village) et nous nous sommes bien amusés, avec les thais et ses amis thais à l'école. Bien, pour expliquer la situation: j'habitais là-bas chez une famille thai, une prof d'informatique et un officier de police (ce qui a provoqué des conflits sous-jacents avec le père de Lena, lui-même policier mais subalterne). Riches, grande maison, la mère trés gentille, même si elle voulait m'acheter et me donner un peu trop de choses à mon goût.
Nous allions ensemble à l'école, mais nous avions en plus d'autres activités tous les jours (parfois même pendant les cours) et du bpai tiau. C'est ainsi que nous sommes allés à Lampang et y avons pris les célèbres équipages à cheval (ce qui n'était pas spécialement agréable, vu que les villes thailandaises sont des chaos de béton pas vraiment décoratifs), nous avons participé à deux enterrements, sommes allés à des sources chaudes avec cascade, à Chiang-Rai au Triangle d'Or (Laos - Birmanie - Thailande et le Mékong au milieu), ensuite à Mae Sai, ville-frontière entre la Birmanie et la Thailande et de ce fait un gigantesque marché avec de tout, vraiment de tout. Des fringues venues de Chine jusqu'aux bijoux d'or et de rubis sortis des mines laotiennes. Ces derniers étaient bien interessant, et on peut bien se séparer de 6 euros pour une chaîne en or sertie d'émeraudes.
À Chiang-Rai se trouvait aussi un temple du plus célèbre artiste thailandais en peinture boudhiste moderne (la Thailande n'a pas de véritable scène artistique qui intéressserait le commun des mortels), tout en blanc avec des miroirs argentés. Vraiment trés beau! Dans la "chapelle", je veux dire l'intérieur, Lena et moi avons en plus pu observer l'artiste au travail, pendant qu'il peignait des motifs grandioses à main libre sur le mur du fond.
Je dois aussi dire que mon père, que chacun connaît apparement et qui avait des entrées réduites un peu partout, nous a conduit avec deux copains policiers dans les montagnes, vraiment dans la montagne éternelle, où nous sommes allés dans des villages de montagne carabinés, et je ne parle pas de ces gens revêtus d'habits folkoriques pour les touristes tels qu'on en trouve dans le guide, non, des villages de montagne "authentiques" (expression bêtasse), où tout est encore fait maison, les vêtements tissés par les habitants et où on a vu, avec de la chance, un pilône électrique. Ouah! c'était vraiment une trés belle expérience. Et touuuuut en haut de la montagne nous avons visité une ferme de mandarines. Et au milieu de la forêt (vous vous en apercevez? je parle / écris comme un petit enfant qui raconte tout excité) il y avait une maison dont mon père connaissait le propriétaire, avec un paysage fabuleux, et puis! Et puis nous nous y installerons pour deux jours après le weekexchange de Lena chez moi, quand j'irai chez elle pour après aller ensemble au Midstay Camp. Au milieu du néant dans les montagnes. Bien bien.
Là aussi j'ai appris pas mal de choses. Pitié de soi, du style "c'est moi qui va le plus mal", est insignifiant, les autres ont autant de problèmes, ainsi que j'ai souvent pu constater même plus (je ne mentionne que le niveau de langue et essaie de ne pas marcher publiquement sur les pieds de Marvin ... tu sais comment j'veux le dire); en fait Lena n'avait encore jamais eu de problèmes avec sa famille trés interéssée (c'est vraiment le problème principal avec lequel nous, les AFS venus de l'Europe individualiste, nous battons constamment - manque d'intérêt et de communication ... c'est plutôt rare de grapiller un sérieux "c'était comment?"), mais justement quand j'étais là il y a eu la grosse crise, elle songeait déjà à changer de famille, le père ne rentrait plus à la maison (il restait au poste de de police, où chaque fonctionnaire a un "appartement" ... sans exigences, s'il vous plaît, nous sommes en Thailande), Lena ne savait pas ce qu'elle avait fait, et à la base il y avait une dispute entre les parents et le fait que le père de Lena avait perdu la face (une chose trés nulle ici).
En tout cas je sais maintenant que le weekexchange est une chose super et je me d'avance de sa venue en janvier.Pendant ma présence là-bas il nous est même venue à l'idée, comment ca serait si j'habitais aussi à Chae Hom... c'est vrai qu'à deux tout est beaucoup plus simple, surtout maintenant que nous sommes amis et que nous nous en sortons bien en thailandais et ne nous faisons plus trop remarquer en tant que "fallang".
Ensemble et pourtant en pleine année AFS. Maiiiiis toutes ces pensées ne sont que rêveries, je ne peux pas du jour au lendemain choquer tout les chers et les moins chers et dire "merci! c'était pas mal, mais là-haut dans le nord avec mes copains ca me plaît mieux."
C'est un fait que le Nord est trés différent, aussi en ce qui concerne le comportement, que l'Isaan. Ici (Isaan) tout est ...grossier. Je ne peux pas vraiment m'exprimer, les reflexions sur ce sujet ne sont pas encore tout à fait finies. Mais... bon, là.haut il y a du tourisme, beaucoup d'art et de belles choses, des arbres, et les gens se promènent même dans la nature. Chez nous c'est plutôt dénudé, et beaucoup plus pauvre etc... je sais pas, un peu obtus...Peut-être que ´j'y reviendrai un fois. Bouclons donc le week-exchange. De cette manière nous passons à un autre épisode de l'année; celle-ci se répartie en effet, de manière trés bizarre et sans qu'on le veuille en choses AFS (Arrival camp - COC - Massage - weekexch. etc). Bouf.
Je m'arrête? J'aimerai bien en raconter encore un peu, mais je ne voudrai pas vous ennuyer ni prendre de votre précieux temps de "aiaiaie -c'est-Noel ". Bon, ceux qui veulent arrêter maintenant vont rater le English-Camp...
Je suis donc rentré à la maison chargé de nouvelles choses, expériences, sensation et surtout beaucoup d'amusement avec une bonne amie - 2 jours plus tard que prévu, ma mère d'accueil (à Chae-Hom) avait fait rallonger mon exchange, car un festival avait lieu dans l'école de Lena.Je suis rentré jeudi, ma mère était durant ces journées (aussi au téléphone) assez gentille et pas de mauvaise humeur et négative. Peut-être parce qu'elle s'est apercu que c'était quand même sympa d'avoir Tino chez elle. À présent, deux semaines plus tard, je peux dire: beaucoup d'air chaud, elle est à nouveau aussi grognon qu'avant. Mais bon, mon année ne se compose pas juste de ma mère d'accueil, et je ne vais pas tout me gâcher à cause de ca! En ce moment j'en jouis à fond, et comme la semaine prochaine c'est Midstay (23 semaines), le sentiment que je n'ai plus assez de temps s'est faufilé et je mets tout ce que je veux encore réaliser sur papier pour éviter que ca se noie.
C'est un fait que cette semaine et la semaine prochaine mon calendrier est complet, en commencant par les répétitions de ballet des élèves pour le Christmas Play, en passant par la filature de la soir et la confection de cerfs-volants thailandais (c.v. en allemand: "dragon", Drache, d'où l'explication de tino qui suit n.d.t.)(le dragon dans l'air, pas celui avec un briquet dans la gorge). Voulez-vous connaître mon programme? Samedi apprendre à faire des Kannom-Krog (mmmmh!), chez ma prof de cuisine. Ensuite l'après-midi aller chez Aj. Sangwan, je peux apprendre à tresser des nattes pour s'asseoir chez sa voisine. Youpi!
J'ai des fils de soie dans ma poche, mais j'ai perdu celui de ce récit... ah oui. Jeudi je suis donc rentré, vendredi à l'école (trés bien, revoir mes amis thais et me débarasser de mes cadeaux-bricoles ... ah, encore une chose étrange qui faudra que je vous explique). Samedi en route pour le English-Camp. ENCORE une chose que je peux radier de ma liste interne d'expériences. C'était vraiment bien!
L'hôtel était fantastique, notre école est réputée pour ses English-Camps (en tout cas ils sont présentés chaque année dans le "Students-Weekly", le journal thai/anglais de Today). Marvin est finalement venu, il a fait toute la route, descendu d'abord de Chang-Rai à Bangkok et ensuite remonté avec P'Ahm vers Korath. P'Ahm aussi est venu parce que mon école était son ancienne école (vous vous souvenez, le volontaire AFS [USA 1999-2000] que j'ai rencontré à Bangkok avant le COC). A propos, j'ai appris qu'à l'époque il était "student of the year" de l'Isaan, une fois de plus la triste preuve qu'en Thailande seuls ceux qui ont du succès ou qui sont riches peuvent faire une année d'échange.
Marvin par contre ne peux toujours pas dire grand chose en thai, il a même du mal à dire "j'ai faim". Nous nous sommes bien amusés dans notre chambre commune (lui évidemment par terre [matelas), chez nous 3 c'est le runninggag que Marvin tire toujours la carte du fessier), mais je peux me relever un peu en marchant et je peux dire en regardant dans ce miroir que, malgré mes problèmes, je suis quand même suis un AFS bien rangé. N'ayez pas peur, j'ai abandonné la prétention exagérée, mais on a quand même le droit de se taper sur l'épaule.
Le camp était dirigé par nous, les fallangs. Le plus important était la (vraiment drôle) One-man-show de Kevin des Media-Kids (l'organisation des professeurs fallangs/étrangers), nous en tant qu'élèves étions aussi pris vraiment au sérieux (Lisa, clin d'oeil du côté de notre occupation du mercredi) et chacun avait un groupe. Ou plutôt, bon, on m'a donné mon groupe (on nous appelait les "Tiger-Tongue", s.v.p. ne me demandez pas pourquoi), Marvin aidait Ahm ... les professeurs thailandais par contre ... hmm, ils étaient assis dans un coin et ma mère a même quitté ce stage, cours prévu déjà il y a longtemps, (n'a lieu qu'une fois par an), car c'était le premier dimanche du mois et il lui fallait absolument aller au Wat Dammagei ... la plus grande tolérance religieuse ne m'empêche pas de me faire mes petites idées, et je souris sage comme une image.
Bref - heu. À la fin les gamins (bon bon, il y en avait même de plus âgés que moi, mais moi, au moins je portais un élégant t-shirt mauve, pas orange comme les élèves) se sont éclatés durant une "disco finale", et même pour le spectacle des talents, dont nous les AFS avons profité jusqu'à en vomir pendant les week-end en Allemagne, ils nous ont tous surpris, laissant de côté leur habituelle timidité et "surtout ne pas se faire remarquer"... nous avions même une petite souris (vraiment bonne), qui a chanté toute seule "my heart will go on". Il faut juste que tu leur donne l'ordre et comme ca ils ont une justification ne permettant aucun doute !

Blaaaaa. Est-ce-que j'en ai encore à dire? Oh si! Vous n'imaginez pas tout ce qui m'arrive ici. Ce sont surtout les petites choses, comme les éléphants dont j'ai parlé plus haut (rien d'habituel, une exception1), ou quand je passe la nuit chez ma prof dans son village loin de tout au milieu des champs; debout le matin à 4.30h ("comme d'hab") avec la grand-mère, allumer un petit feu sur un foyer dans la "cuisine" pour ..."steam" - comment on dit? du Kao Niau, du riz collant.
Filer des fils de soie avec une autre prof, chez sa voisine, à partir des vers et des cocons. Oui, je vais bel et bien commencer d'apprendre à tisser. Je ne suis pas sûr que ce que vous vous imaginez là-dessous soit correct (je ne doute pas de votre culture, mais j'ai parfois du mal à faire la différence entre ce qui est devenu si normal pour moi et ce que je ne pourrais même pas deviner si je n'étais pas vennu ici); il ne s'agit pas simplement d'apprendre à manier le métier à tisser, c'est juste une éspèce de cadre en bois. Il faut que j'apprenne à nourrir les vers, filer et ensuite, selon un procédé trés compliqué, teindre le fil de différentes couleurs sur certaines longueurs pour ensuite obtenir le motif choisi (je n'arrive toujours pas à m'imaginer comment on peut faire ca simplement par la force de l'imagination). Jusqu'à présent je n'ai fais que le simple tissage avec la mère de ma prof (celle qui vit en autarcie dans son village .. ils ne mangent que ce qu'ils ont semé ou font du troc avec les voisins), c'est à dire le moment où on doit mettre le fils coloré dans la bonne position. Elle produit le tissu pour ses propres besoins, mais aussi, ainsi que je l'ai appris maintenant, tous les magnifiques costumes de soie portés par tous les prof de cette province.
Et comme je m'apercois en tapant, j'écris dans un langage peu soigné et sans style. Une petite remarque en passant, pour que vous sachiez que je sais que ceci n'est pas l'usage liguistique habituel et utilisé de préférence. D'habitude ce texte est ma possibilté de m'épancher, ce qui permet à quelques petites expressions ("Salopettes" en allemand, n.d.t., voir la suite)
(ne prononcez pas à la francaise, ca prendrait un tout autre sens) de se glisser dans cette jungle de symboles noirs, qui ne sont tous que les pulsations électriques 1-0-1-1-0-... d'une machine, et qui pourtant pulvérisent tant de chaleur humaine. Comme vous voyez, je deviens gnangnan et commence à délirer. Depêchons-nous donc de s'arrêter à cet endroit et terminons cet épopée d'un mois d'expérience, je vous congédie dans la chaude luisance allemande de Noel et je vous envoie mes salutations distinguées.
D'ici Noel je redonnerai de mes nouvelles, je suis de nouveau à la maison.



Désolé, encore une petite bricole importante - je m'excuse auprès de tous ceux qui m'ont écris, dont j'aspirais les nouvelles avec bonheur et dont les signes de vie me réchauffaient ... mais auxquels je n'ai pas répondu. Les mails se font de plus en plus rares, Patty doit être assez fâchée, Carina contrariée, Lisa me connaît depuis assez longtemps pour être de mauvaise humeur. Je ne pouvais pas faire autrement, en échange je partage plus d'expériences; mais quand même, j'éspère que vous n'allez pas attrapper une vulgaire Ironitis.


Brassant dans l'éternel bourbier du monde
Tino


Encore! une ligne minimale, une petite manifestation, un petit coup de téléphone arabe - à la fin de cette semaine, et malgré mon hésitation, c'est la moitié de mon séjour. Mon calendrier jure par tous ses dieux qu'il ne ment pas, quelque soit le renâclement de mon mouvement d'horlogerie biologique qui veux me métronomer une autre mesure, et il ne me reste plus qu'à faire confiance à ce petit bout de forêt retravaillé.

Donnerstag, Dezember 14, 2006

Wie ein Fliegender Teppich auf den Wolken der Zeit

Schon wieder hat sich so ein langes Schweigen ergeben. Aber keine Gelgenheit, sich am Kopf kratzen, die Gruende liegen auf der Hand oder sind in meinem Terminkalender nachzulesen. Wenn ich es recht bedenke und sich meine Berechnungen nicht auf fundamental riesenhaften (nebenbei: ein “Riese” ist auf Thai: Yak) Fehlern begruendet, muesste die Zeitspanne zwischen dem hiesigen Text, den ich mir gerade nicht uebermotiviert nach einer Tasse sehr starken Kaffee (um die ich hier in Thailand immer wieder richtig kaempfen muss!)
aus den Fingerspitzen sauge und sich diese Saugstaubkraft auf die (3-fach belegten, da Thai) Tastatur ausuebt, frei nach den Physikalischen Gesetzen Herrn Dyson’s und Herrn Vorwerks, und dem vorangegangen (in dem es um Steine ging, richtig?), 3 – ich schreibe es der Nachdruecklichkeit wegen nochmal aus- Drei Wochen liegen.
Ich weiss ja nicht wie die Zeit bei euch da drueben vergeht, einmal horizontal um den Globus herum und noch ein bisschen hoeher hinauf, aber hier – Wusch! Der November ging in einem Strack dahin, zum Ende hin vollgepackt mit nennenswerten Ausfluegen (wie bitte soll sich “bpai tiau” gut uebersetzen lassen? “Besuchen gehen”, “Ausflueglern”, “Urlaub machen” – alles in einem?) Holen wir also weit zurueck, kramen wir im Errinerungsarchiv unter “Sternenhagel”, 2 Regal Links, Abteilung Nov. 2006, nach.
“Heute musste ich Ma-Miau 4 mal gruessen, um eine Anwort zu bekommen..” – Nein, nicht hier. Was ist den in der Schublade…
“Hihi! Gerade sind zwei Elefanten durch unsere Strasse gelaufen (wie immer halt so zum Fuettern etc.) – ‘wooo die grossen Eleefanten spatzieren gehn, oooohne sich zu stossen!’ “ – Nein, auch das nicht. Wo ist denn bloss.. ach, hier!
“Nach spirituell und philosophischen Gedankengaengen neigte sich die Woche zu Ende und..” – Ja, genau danach hab ich gesucht. Nun, spucken wir in die Haende. Was ist denn nun passiert?
Nach ein paar gewoehnlichen Wochen (vom Gesichtspunkt der Aktivitaeten gesehen, es ging eben in die Schule)ging es, nach einem wunderschoenen freien Donnerstag mit Lynn in Chayaphum (Provinzhauptstadt) –wir haben nur “Benoetigungen” erledigt, da es ja in meiner kleinen Ampoe-Stadt vieles einfach nicht gibt- und einer Uebernachtung bei ihr (nicht ohne gute Gespraeche, selbstgemachter Limonade und ‘Die Memoiren der Geisha’) am Freitag fuer 3 Tage nach Loei. Manch einer wird nun von seinem Schreibtischstuhl aufspringen und schreien “Das kenn’ ich doch!”.. oder so jedenfalls sollte der Idealfall bei einen aufmerksamen Mitbegleiter aussehen.
Ja. Es handelt sich mal wieder um diese wunderbare, einzigartige und doch so unbekannte (jedenfalls fuer die Herausgeber der gemeinen Reisefuehrer) Bergprovinz im Nordosten, ca. 80 km von mir weg.
Wackelig bleibt fuer mich die Aussage, ob es in euren Breitengraden auch zu diesem astrologischen Erreigniss kam, bei uns jedenfalls kann ich mit Fug und Recht behaupten, dass fuer den 18./19. Nov. ein Sternenschauer angekuendigt war.
Da hat meine Lehrerin Ajan Arunocha (Head des Englishdepartments und eine liebevolle Thailady) sich doch entschieden, die Gelenheit beim Schopfe zu packen und uns alle einzuladen, mit zu ihrem Haus dort oben in den Bergen zu nehmen, insbesondere, weil dies den Namen “Haus-zum-Sternen-Schauen” traegt (Baan-Dschom-Dtao). Mit von der Reisepartie waren dann letztendlich nur ich, eine andere Lehrerin (ehem. Advisorin von Viktoria und dadurch sehr anstrengend [gut, es hat nun schon sichtlich nachgelassen], dass sie einem staendig erzaehlt was “Viktoria hier gemacht hat” und “Viki da”..), ihre zwei Enkel, eine Freundin meiner Oma, ich und Aj. Arunocha’s Mann. Mehr war nicht drin –was Aj. Arun auch traurig stimmte, da sie ja allen ihr tolles Haus zeigen wollte- weil ja fuer die gleiche Zeit die Lehrerreise nach Chiang Mai zur Blumenschau angesetzt war; ich bin aus dieser Reise (Chiang Mai) ausgetreten, da das typische ‘andere Schulen besuchen’ etc. nicht besonders vielversprechend war. Ach, und meine Mutter ist auch da mitgefahren, was mir auch den Aufenthalt bei Lynn versuesst hat, da ich mir um keine doofen Hinterruecksbemerkungen und –bewertungen Sorgen machen musste. Meine Oma (zu der Zeit zuhause gewesen) fan des ganz toll, “dass ich meine Freundinn und Lehrerin besuchen gehe und bei ihr uebernachte” und bemerkte dies mit Enthusiasmus .

Um wieder auf den Highway meiner Erzaehlung zurueckzukommen – Freitag sind wir also abgereist. Ich sass mit Aj. Sangwans Neffen (oder Enkel, was auch immer) hinten auf der Ladeflaeche, is ja klar, wir sind ja die Jungen…
Die Fahrt hab ich wieder sehr genossen. Diese endlosen Waelder mit Bambus und riesigen Baeumen, die wie ein dunkegruener Samtteppich die wallenden Berge umhuellen, die, gleich einem Riesen, der fluessiges Gestein aus einer Kanne ausgiesst, sich hinunter ins Tal waelzen und sich dort zu wohlgeformten Reisterassen verbreitern. Nachts raubten mir dann die faszinierenden Lichter und Farben aqm Firmament dann den Schlaf (weshalb ich aber keinen Groll hege), vom Orange der untergehenden Sonne zu den Rot und Gold brennenden Berghaengen bis zu den Blau- und Gruentoenen des Nachthimmels.
Gut. Aj. Arunocha’s (fuer all emit loechrigem Gedaechtnis – das “Ajan” bedeutet Lehrer ;) Haus war wirklich eine Art kleine Sternwarte und Erholungsresort auf einem Hang, in der Mitte vom Nichts, zu seinen Fuessen (gibt es Schuhe fuer Haeuser?) ein See, aus dem Nachts wie stumme Geister knochige Arme hinausgreifen, morgens die alten Baueme im Wasser wie unbewgliche Zeugen der Zeit wirken, wenn der weisse Nebel sich noch nicht aus den Falten und Taelern des Gebirges vom Wind hat vertreiben lassen. Aber wisst ihr, was wirklich den Unterschied macht? Ajan Arunocha ist eine interessierte, offene Frau, und ihre beiden Haueser sind so gar nicht typisch Thai einfach nur praktisch und zusammengewuerfelt, sondern alles ist aufeinander abgestimmt, die Fotos an den Waneden haben tatsaechlich eine Anordnung und ihr Tor wird von zwei wunderschoenen geschnizten Holzloewen (Singh) aus Chiang Mai flankiert. Sie zeig Verstaendniss und Interesse fuer andere und ist immer fuer ein (produktieves) Gespraech zu haben (das sie oft auch selbst iniziiert). Nun – der Unterschied ist: Sie ist gereist! Ja, es wirklich so! Sie war naemlich schon in Deutschland (und ist deswegen glaube ich Head of Department) und anderswo und hat den westlichen Individualismus und den Hang zur Aesthetik kennengelernt… Interessant, nich?
In den 3 wirklich netten Tagen haben wir einiges unternommen – und auch hier wieder das etwas andere Thai-Sein. Sie moegen (man lese und staune) Abenteuer! Jaaa! Daher gingen wir nicht nur zu den gewoehnlichen, mit Beton hergerichteten (damit auch ja nicht unangenehm oder gar Hinfall-gefaehrlichen) und mit Zum-Sich-Davorstellen-Und-Fotografieren-Ortsnamenschildern uebersaeten Ausflugsorten, nein, wir sind zu einem nur durch den Wald (oho! Da faengt ja schon das unueberwindbare und nicht ‘sanuuck’hafte [Spass und angenehm] Abenteuer an) zu erreichenden Wasserfall – der Wald war ausserdem ein Bambuswald, so was wollt ich schon immer mal sehn.
Ja, und dann natuerlich die Kroenung. Meine Lehrerin erzaehlt heute noch so gerne und stolz davon, was fuer ein ‘Adventure’ das war und dass sowas sonst keener meiner anderen Lehrer schon gemacht haette – wir sind mit einem It-Taek den 2-hoechsten Berg Thailands rauf, durch den urwald zu Fuss, auf einen (unbearbeiteten!) Felsen gestiegen, haben natuerlich auch die unabdingbaren Schiler-Photos gemacht, zu Fuss wieder runter und dann wieder rauf aufs it-Taek. Um euch nicht im Dunklen zu lassen, knippsen wir das Licht an: Ein It-Taek ist eine Art umgebauter Traktor (oder auch Rasenmaeher?), mit Holzpaletten zum Sitzen. Diese komischen Dinger schaffen es irgendwie, sich die unpassierbaren Furchen und ‘Wege’ der Berge hochzukrakslen und werden vom Fahrer so geleknt, dass der nicht auf die Strasse vor sich guckt, sondern auf die Raeder unter sich . Anfangs war ich schon ein bisschen verstoert von diesem Fahrer der anscheinend staendig seine ausgelatschten Schuhe betrachtet..
Ja - und sonst hab ich beim Lagerfeuer noch gelernt, wie man Kao-Lam macht (Pappreis mit Kokosnuss in Bambusrohren) und hab mindestens .. gaanz viele Sternschnuppen gesehn, dass ich mit dem Wuneschen nicht mehr nachkam. Mein Wunsch ist aber immer der Gleiche; dazu sind wir (zwei Jungen) nachts um 3 Uhr Morgens aus unserem Zelt gekrackselt (im Haus war kein Platz, das ganze war ja sowieso eine ziemlich primitive Art Huette, was ja auch gerade de Charme ausmachte) – ihr koennt euch gar nicht vorstellen, wie viele Sterne man da oben auf dem Berg sehen kann. Jetzt weiss ich ganz sicher: Es gibt schon ne ganze Menge von diesen misterioesen kleinen Lichlein im Himmelszelt.
Jetzt ist ein gutter Augenblick, um auf eine (fuer die Thais sehr zweifelhafte) Wohltat zu sprechen zu kommen – dort oben, und gerade in unserem Zelt war es wunderbar ka-a-alt. Ich musste nachts einen Pulli anziehen! Ihr werdet verstehen, dass das nach 4 Monaten feuchten 40 Grad eine willkommene Abwechslung war.
Sonntag gings dann wieder heim, wobei wir auf dem Heimweg noch in “Chateau de Loei” anhielten – und siehe da, es gibt hier tatsaechlich nicht nur Reis und Zuckerrohr, Bananen Drachenfruechte, auch ein paar Weinstoecke haben ihre Wurzeln in Sued-Ost-Asiatische Boden geschlagen – und das Produkt laesst sich sogar zur Essigherstellung verwenden. Aber das Hausgemachte Roseneis war sogar besser als das aus dem “Ceops” in Aix-en-Provence!
ALs wir so dahinfuhren, hielt der Vater ploetzlich an, und wir hinten, abgegrenzt und allein –schluchz- hatten keine Ahnung warum den jetzt auf dieser menschenleeren Landstrasse. Da stieg er mit einer Machete aus, und manch ein “Scream”-Kenner haette es nun mit der Angst bekommen. Seine Schritte entfernten sich aber vom Gefaehrt und fuehrten geradewegs auf eine nahebei stehende Gruppe von Bambusbaeume. Ein, zwei, drei, und 5 sechsmeter Staemme lagen regungslos (und das bei Baeumen!) auf dem Boden. Hack-Hack, und diese gesellten sich nun zu uns nach hinten auf den Pick-Up. Bambusse haben zwischen den Blaettern so keine schwarze Haerchen, die fuerchterlich jucken, und so stellten sie sich als unangenehme Zeitgenossen heraus. Um euch den Grund zu entschleiern, warum wir uns nun auch schon bei Baeumen Freunde suchen, sage ich nun gerade heraus: Essen! Typisch Thai. Diese Bambuse, die Ajans Mann am Stassenrand im Wind schuakeln sah, lassen sich zu Kao Lam verarbeiten, dem oben genannten Gericht aus der (Bambus) Roehre. Jaja.
Jetzt aber mal schnell zum Ende der Geschichte kommen. Ende. Das also waren die Sterne.. Am naechsten Morgen ging es dann (Montags) auch schon wiedr los – eintauchen in ein neues Abenteuer, fester Bestandteil eines AFS-Jahres: Der Week-Exchange. Eine Woche (durch die Reise- und Erlebnisslust der meisten Schueler gekoppelt mit der trauten, angenehmen Zweisamkeit mit Freunden [mal endlich nicht so verloren und allein] ergibt sich doch moistens dann doch leicht mal ein bisschen mehr –ich mit meinen 10 Tagen habe es ja wohl nicht uebertrieben!) einen anderen AFS, oder sagen wir es menschlicher, einen Freund besuchen, dadurch dann mal von ‘zuhause’ rauskommen und eine andre Region des Landes kennenlernen. Letzteres kommt in Thailand allerdings nicht zu knapp, wenn ich bedenke, wie vie lich bis jetzt schon gereist bin..
Morgens stieg ich also in den Bus, welcher von Chum Pae (20 km von Phu Khieo) nach Chiang Mai fuhr, Zwischenstopp Lampang, um meine liebe Lena zu besuchen, mit der sich ja hier eine sehr stabile und innerhalb meiner AFS-Welt beste Freundschaft aufgebaut hat. Meine Lehrer wollten mich eigentlich ganz alleine (oho!) nach Chum Pae den Bus nehmen und dann umsteigen lassen, haben sich es dann allerdings am selben Morgen aus unueberwindbaren undunbegruendeten Sorgen anders ueberlegt und mich gebracht. Solls eben so sein, wenn sie unbedingt eine Stunde vor Schulbeginn loswollen, muss ich 5 Baht nicht bezahlen ;)
Soll ich jetzt auch noch von der Busfahrt erzaehlen? Nein, ein kleiner dummer Kommentar am Rande.. aber die Strecke durch die Berge war so schoen, dass sogar die gegenueber der Schoenheit der wilden Natur eigentlich immunen Thais sich alle auf eine Busseite draengten und diese sich wie eine Festung hintereinander auftuermenden Berge bewunderten, wie sie dam it ihren Falten, Schluchten und ganz und gar Gruenen Gewaendern sich hinwellten. Der Bus fuhr am Rande einer dieser Schluchten entlang, und da alle Mitfahrer auf einer Busseite (die Aeussere!) sassen, neigte sich das Vehikel doch gefaehrlich zur Seite…
Irgendwann jedensfalls kam ich an. All meine Befuerchtungen, Lena (die ja sonst immer so gluecklich war, so gut Thai lernte, sich voll in ihrer Gemeinde befand und scheinbar nie Probleme hatte, all das noch verknuepft mit ihrer doch ziemlich anderen Sicht auf die ganze Sache [auf das Jahr], da sie daheim schon 3 AFSer hatten und ihre Schwester in Suedamerika war) koennte mich ziemlich vernachlaessigen oder es wuerde eine unangenehme Situation mit anderen Vorstellungen entstehen, wurden sofort weggeweht. Wir waren auch bei ihr in ihrer eigenen Stadt (Dorf?) verrueckte Freunde und hatten grossen Spass, auch MIT den Thais und unserern (ihren) Thaifreunden in ihrer Schule zusammen. Also, zur Lageerklaerung: Ich lebte dort mit einer Familie, einer Computerlehrerin und einem Polizeiofficer (was aufgrund der Positionsunterschiede mit dem Gastvater von Lena, selbst untergeordneter Polizist, unterschwelige Konflikte hervorruf). Reich, grosses Haus, die Mutter herzensgut, auch wenn sie mir dann doch ein bisschen zu viel kaufen ud zustecken wollte.
Wir gingen zusammen in die Schule, hatten aber sonst auch jeden Tag (teils auch waehrend der Schulzeit) irgendwelche Aktivitaeten und Bpai Tiau. SO waren wir in Lampang, sind dort die beruehmte Pferdekutsche gefahren (was durch die Tatsache, das die thailaend. Staedte nicht gerade schmucke Betonchaosse sind eignetlich nicht besonders angenehm war), waren auf 2 Beerdigungen, bei heissen Quellen mit Wasserfall, in Chiang Rai am Goldenen Dreieck (Laos – Burma – Thailand und zwischendrinn der Mekong), dann noch in Mae Sai, Grenzstadt zwischen Burma und Thailand und daher ein einziger, billiger Riesenmarkt mit allem, wirklich allem. Von Klamotten aus China bis zu Gold- und Rubinschmuck aus Laotischen Mienen. Letzteres war wirklich interessant, und 6 Euro fuer eine Goldkette mit Smaragden kann man dann doch mal entbehren .
In Chiang Rai war auch so ein Wat des beruehmtesten Kuenstler (Thailand hat ja nicht wirklich eine grosse Kunstszene, die auf allgemeines Interesse stoesst) fuer moderne Buddhismusmalerei, ganz aus Weiss mit Silbernen Spiegeln. Wirklich sehr schoen! In der ‘Kapelle’, also dem Innenraum, konnten Lena und ich dann noch den Kuenstler bei der Arbeit sehen, wie er (frei Hand) die Rueckwand grandios bemalte.
Auch muss noch gesagt werden, dass mein Vater, der irgendwie jeden kennt und ueberall ermaessigten Eintritt etc bekommt, uns mit zwei Polizistenkumpels in die Berge gefahrn hat, wirklich in den ewigen Wald, wo wir dann in richtig heftigen Bergdoerfern waren, und ich meine nicht diese fuer Touristen in Trachten geworfenen Menschen, wie sie im Reisefuehrer zu finden sind, nein, richtig ‘authentische’ (doofer Begriff) Bergdoerfer, wo alles selbst gemacht wird, Kleidung selbst gewebt wird, und man von Glueck doch noch einen Strommast sehen konnte. Wow. War schon ein ganz schoenes Erlebniss. Und gaaanz oben auf dem Berg besuchten wir dann eine Mandarinenfarm. Und da war auch mittem im Wald (merkt ihrs? Ich spreche / schreibe wie ein kleines Kind, dass ganz aufgeregt erzaehlt) ein Haus, von dem mein Vater antuerlich den Besitzer kannte, mit einer atemraubenden Aussicht, und! Und dort werden wir nach Lenas Weekexchange bei mir, wenn ich mit zu ihr fahre, um dann im Anschluss auf das Midstay Camp zu gehen, fuer 2 Naechte leben. Mittem im Nichts auf dem Berg. Gut Gut. Ich habe da auch vieles gelernt. Selbstmitleid von wegen “mir geht es am Schlechtesten” ist irrelevant, die Anderen haben genau so Probleme, wie ich vielesseits feststellen kann sogar weit aus mehr (ich spreche nur das Sprachniveau an, und moechte damit Marvin nicht zu oeffentlich auf die Fuesse treten.. weisst ja, wie’s geimeint is’); tatsaechlich hatte Lena bis jetzt nie Probleme mit ihrer ueberaus interessierten Familie (das ist naehmlich das Hauptproblem, mit dem wir AFSer aus dem individualistischen Europa zu kaempfen habe- Uninteresse und fehlende Komunikation.. ein ernstgemeintes “Wie wars denn?” ist hier eher selten aufzuschnappen), doch gerade waehrend ich da war, krieselte es ganz gewaltig, der Gedanke an Wechsel ging schon um, der Vater kam nicht mehr nach Hause (sondern blieb in der Polizeistation, wo alle Beamten ein ‘Apartment’ haben.. keine zu hohen Ansprueche bitte, wir sind in Thailand!), Lena wusste nicht, was sie falsch gemacht hatte, und alles basierte auf einem Streit zwischen den Eltern und das Lena’s Vater (gerechterweise!) sein Gesicht verloren hat (ganz ueble Sache hier, von wegen Gesichtsverlust etc.). Auf jeden Fall weiss ich jetzt, dass Weekexchange eine ganz tolle Sache ist und ich freue mich schon auf ihren eigenen bei im Januar. Waehrend meiner Anwesenheit gin guns sogar der Gedanke um die Sinne, wie es denn waere, wenn ich mit ihr in Chae Hom wohne.. tatsaechlich ist es so zu Zweit sehr viel einfacher, vorallem wenn wir Freunde sind und in diesem Status, wo wir nun nur noch mit Thai auskommen und uns so auch nicht mehr durch unsere “Fallang-samkeit” von der Umwelt ausgrenzen. Miteinander und doch voll im AFS-Jahr.Aaaaber all diese Gedanken sind nur Traeumereien, ich kann ja nicht so mir nichts dir nichts alle lieben Menschen, oder auch die weniger Lieben, vor den Kopf stossen und sagen “Danke! Das wars, da oben gefaellts mir besser, mit meinen Freunden”. Tatsaechlich ist der Norden sehr anders, auch von dem Verhalten, als der Isaan. Hier (Isaan) ist alles so. grob. Ich kann es jetzt so direkt nicht auf dem Punkt bringen, die Gedanken darueber sind nopch nicht so ganz fertig. Aber.. naja, dort oben gibt es ja Tourimus, und es gibt viel Kunst und schoene Dinge, Baeume, und die Leute gehen sogar Laufen in der Natur. Bei un shier ist es eher kahl, und viel aermer und so.. naja, irgendwie stumpfer.. Ich komm vll. spaeter noch einmal drauf zurueck.
Schliessen wir also jetzt auch den Week-Excahnge ab. Dadurch schreiten wir auch schon wieder in eine neue Episode des Jahres; dieses jene teilt sich naehmlich seltsamer Weise so vom Gefuehl her immer nach den AFS-Sachen ein, ganz unwillkuerlich (Arrival Camp – COC – Massage – Weekexch. ). Japp.
Soll ich jetzt aufhoeren? Ich wuerde ja noch gerne weiter erzaehlen, aber ich moechte euch nicht langweilen und eure kostbare “Ui-Es-Ist-Weihnachten” Zeit beanspruchen. Naja, wer jetzt aufhoeren will, verpasst das English Camp..
Ich kam also nach vielen neuen Dingen, Erfahrungen, Gefuehlen und allem Voran einfach nur viel Spass mit einem gutem Freund nach Hause – 2 Tage spaeter als geplant, meine Gastmutter (in Chae-Hom) hat meinen Exchange verlaengern lassen, da gerade in den naechsten Tagen an Lena’s Schule ein Festival war. Donnerstag kam ich heim, mein Mutter war fuer die paar Tage (auch am Telefon) iorgendwie sehr nett und mal nicht so mies und negative. Vll. weil sie gemerkt hat, dass es doch ganz nett ist, den Tino bei sich zu haben. Jetzt, wieder 2 Wochen spaeter, kann ich sagen: Heisse Luft, nichts als Pustekuchen, sie ist wieder so aebsch wie vorher. Was solls, mein Jahr besteht aus weitaus mehr als nur der Gastmutter, und ich lass es mir wegen dr Schwaeche in diesem Aspekt nicht besudeln! Ich geniesse es gerade voll und ganz, und da naechste Woche Mid-Stay ansteht (23 Wochen), aht ich seltsamer Weise bei mir das Gefuehl eingeschlichen, ich haette keine Zeit mehr, und schreib mir alles, was ich noch lernen und machen will auf, damit es nicht untergeht. Tatsaechlich bin ich die letzte und diese Woche komplett ausgebucht, von Ballettproben fuer die Schueler fuer das Christmas Play, ueber Seidengarn-Spinnerei zu Thai-Drachen-Machen (der Drachen in der Luft, nicht der mit dem Feuerzeug im Rachen). Wollt ihr meinen Plan wissen? Samstag morgen kommt dann noch Kannom-Krog (lecker!) machen lernen, bei meiner Lehrerin daheim. Dann noch am Nachmittag zu Aj. Sangwan, bei ihrer Nachbarin kann ich Sitzmatten-Flechten lernen. Hui!
Seidenfaeden hab ich in meiner Tasche, aber den Roten aus dieser Erzaehlung hab ich verloren.. ach, ja. Donnerstag bin ich heim, Freitag noch einmal in die Schule (sehr gut, nochmal zwischendurch Thai-Freunde sehen und Mitbringsel loswerden.. oh, wieder eine Seltsame Sache, ueber die ich mich auslassen muss). Samstag dann auf zum English-Camp. WIEDER eine Sache ovn meiner inneren Liste von Erfahrungen abzustreichen. Es war wirklich sehr gut! Das Hotel war fantastisch, unsere Schule ist fuer ihre English-Camps bekannt (sie stehen auf jeden Fall jades Jahr in “Students-Weekly”, der Thai-English Schuelerzeitung von Today). Marvin ist letztendlich doch gekommen, den ganzen Weg von Chiang Rai runter nach Bangkok, mit P’ Ahm dann wieder hoch nach Korath. P’ Ahm kam auch (ihr errinert euch, der AFS-Freiwillige [USA 1999-2000] , mit dem ich auch in Bangkok vor dem COC war), weil meine Schule ja seine Ex-Schule war. Nebenbei hab ich erfahren, dass er damals “Student of The Year” des Isaan war, einmal mehr der traurige Beleg dafuer, dass nur die Elite und die Reichen in Thailand ein Austauschjahr machen koennen.
Marvin wiederrum kann immer noch kein bisschen Thai, selbst das “Ich bin nicht hungrig” bereitet ihm Probleme. Wir hatten in unserem gemeinsamen 3er Zimmer (er natuerlich auf dem Boden [Matratze], bei uns Drei ist es der Runninggag, das Marvin immer die Gesaess-Karte zieht) zwar recht guten Spass, aber ich kann nun wieder ein bisschen aufrechter gehen und kann anhand dieses Spiegels sagen, dass ich trotz meiner Probleme hier und da doch ein ganz ordetnlicher AFSer bin. Keine Angst, die uebermaessige Eingebildetheit hab ich notgedrungen abgelegt, aber man darf sich doch mal auf die Schulter klopfen. Ich mag mich ;)
Das Camp wurde von uns, den Fallangs, geleitet. Ganz vorne stand mit seiner (wirklich lustigen) One-Mann-Show Kevin von MediaKids (die Fallang-Lehrer-Org.), wir als Schueler wurden auch richtig ernstgenommen (Lisa, Klinker-Klinker im Bezug auf unsere Mittwochs-Beschaefigung) und bekamen auch eine Gruppe zugeteilt. Oder naja, ich bekam meine Gruppe (wir nannten uns die “Tiger-Tongue”, fragt bitte nicht, warum), und Marvin half bei Ahm mit … die Thailehrer alleridngs.. naja, die sassen eigentlich die ganze Zeit dabei, und meine Mutter verliess sogar diese langgeplante Unterrichtsveranstaltung (nur einmal im Jahr), da es ja der erste Sonntag im Monat war und sie unbedingt zum Wat Dammagei musste.. ich denke mir stillschweigend bei aller religioesen Toleranz meinen Part, und laechle brav und artig.
Kurz um – jaaaa. Am Schluss gingen die Kiddis (ich meine, gut, sie sind teilweise sogar aelter als ich, aber ich life ja auch in einem schmucken Lila-Trainer-T-Shirt rum, nicht orange wie die Schueler) bei der “Abschluss-Disco” richtig ab, und sogar fuer die Talentshow, die wir als AFSer schon in Deutschland bis zum Rueckwaertsessen zugute bekamen, haben sie und alle wieder ueberrascht und ihr gewoehnliche Schuechternheit und “Bloss nicht aus der Reihe treten” (except the Gatoeis) abgelegt.. wir hatten sogar eine (richtig gute!) kleine Maus, die ganz alleine “My heart will go on” sang. Du must ihnen eben nur den Auftrag und damit eine zweifelfeste Rechtfertigung geben!

Blaaaa. Hab ich nicht noch mehr zu sagen? Oh doch! Ihr koennt euch gar nicht vorstellen, wieviel mir hier wiederfaehrt. Es sind ja vorallem die Kleinigkeiten, so was wie die oben angesprochenen Elefanten, die morgens mal an mir vorbei laufen (kein Regelfall, Ausnahme!), oder wenn ich bei meiner Lehrerin uebernachte in ihrem Dorf fernab von allem zwischen den Feldern; morgens um 4:30 (‘wie immer’) mit der Grossmutter aufstehen, in der “Kueche” an einer Feuerstelle ein Feuerchen anmachen, um Kao Niau zu.. wie sagt man? ‘Steam’, eben Klebreis. Mit einer anderen Lehrerin bei ihrer Nachbarin aus Seidenraupen und –cocons Faden spinnen.
Ja, ich fange jetzt tatsaechlich an, Weben zu lernen. Ich bin mir nicht sicher, ob ihr euch da die richtige Sache drunter vorstelllen koennt (ich zweifle nicht an eurer Bildung, aber ich kann manchmal schwer unterscheiden zwischen dem, was fuer mich jetzt so normal ist und dem, was ich nicht erahnen haette koennen, waere ich nicht hier hergekommen); es ist nicht einfahc nur lernen, den Webstuhl zu bedienen, der is’ nur eine Art Holzrahme/Gestell. Ich muss nun lernen, zu spinnen, Raupen fuettern, dann in einem sehr komplizierten Verfahren das Muster, das spaeter enstehen soll, auf den Faden durch verschieden lange und kurze Farbgebungen faerben (ich kann mir nach wie vor nicht vorstellen, wie man das bloss mit Vorstellungs- und Reindenckungsvermoegen richtig machen kann). Ich hab bis jetzt mit der Mutter meiner Lehrerin (diejenige, die so ganz doerflich-selbsterhaltend lebt.. sie essen eigetnlich nur, was sie selbst anbauen oder mit ihren Nachbarn tauschen) nur das eigentliche Weben gemacht, wo man den Faden mit seinen Farben dann immer in die richtige Position bringen muss. Den Stoff macht sie ausserdem fuer Eigenbedarf, wie ich nun also erfahren habe, sind all die tollen Seidenkoestueme, die hier in meiner Provinz alle Lehrer tragen, von DIESER Lehrerin (meine AFS-Advisorin) von ihrer Mutter gemacht.
Und wie mir hier gerade im Tippen auffaellt, schreibe ich gerade recht umgangsprachlich und stillos. Eine Bemerkung am Rande, damit ihr wisst, dass ich weiss, dass dies nicht der gewoehnliche, vorzugsweise angewandte Sprachgebrauch ist. In aller Regel ist dies hier ja meine Moeglichkeit mich auszuplaudern, da koennen diese oder jene Saloppetten (sprecht es nicht franzoesisch aus, dadurch wuerde es einen ganz anderen Sinn bekommen) dazwischenrutschen, in diesen Dschungel von schwarzen Symbolen, die allesamt nur Stromimpulse 1-0-1-1-0.. einer Maschine sind, und doch soviel menschliche Waerme verspruehen. Ihr merkt, ich werde tranmuetig und fange an zu delieren. Hoeren wir also geschwindt an dieser Stelle auf, beenden wir diesen Epos einmonatiger Lebenserfahrung, entlasse ich euch in den deutschen warmen Weihnachtsglanz und empfehle mich.
Bis Weihnachten lass ich gewiss nochmal was hoeren, ich bin ja jetzt wieder daheim.


Es tut mir leid, noch eine kleine Wichtigkeit – ich entschuldige mich bei allen, die mir geschrieben haben, deren Nachrichten ich mit voller Freude aufsaugte und mich an deren Lebenszeichen erwaermte.. aber nicht antwortete. Die Mails werden immer spaerlicher, Patty muss ziemlich boese sein, Carina verstimmt, Lisa kennt mich fuer schlechte Stimmung zu lange. Ich konnte nicht anders, dafuer hab ich im Nachhinein mehr Erfahrungen zu teilen; nichts desto Trotz ,
ich hoffe ihr erkrankt nicht an einer gemeinen
Ironitis-Schicksal

ruehrend im Topf des ewigen Welten-Pfuhls
Tino



Und schon wieder! Noch eine minimale Zeile, eine kleine Kundgebung, ein bisschen ‘Stille Post’- Ende dieser Woche ist es trotz meines Stutzens die Haelfte meines Jahres. Mein Kalender schwoert hoch und heilig, er luege nicht, und wie sehr sich mein biologisches uhrwerk auch straeubt und mir den anderen Takt vormetronomieren will, mir bleibt nach allem nichts weiter ueberig, als mich auf dieses Stueckchen verarbeiteten Wald zu verlassen

Freitag, Dezember 01, 2006

Tout est bel et bien une illusion

A mes chers gardiens des routes natales, vous qui surveillez d'un oeil ou deux la bonne vieille culture du bercail européen - je vais à nouveau vous exposer les dernières évolutions sur les lointains rivages orientaux.
Débutons par le classement et la mention temporels des évènenments passés. Le week-end dernier (la semaine s'est déroulée comme d'hab de facon tout à fait banale, on se balance avec une habileté acrobatique dans les lianes du quotidien) s'est déroulé de la facon suivante, après quelques hauts et bas au niveau de l'organisation, un peu de bougonnement masqué/contenu de la part de ma mère d'accueil (je rappelle que je me trouve en thailande, où on ne traite SURTOUT pas les problèmes ouvertement) - la situation n'a (jusqu'à hier) pas trop changé, je ne savais toujours pas ce que je faisais de travers, je ne pouvais pas être sûr si elle était fâchée ou non, bien qu'elle m'envoie des regards froids et qu'elle ne me parle pas ou qu'elle ne me prête pas attention- :
samedi: je suis parti a 4 h du matin avec mon père et ma grand-mère (tous deux causants et manifestement affectueux envers moi) vers Nakhonrachasima, plus connu chez vous sous l'abréviation de "Khorat".En effet se trouve dans ladite province le wat de mon grand-père (maternel), qui y est moine depuis quelques années. Après 4 h de route j'ai constaté que ce wat faisait aussi parti de la Dammagei Organisation. Mon impression que ma mère, quelques soient les reproches qu'on pourrait lui faire, est quand même une femme assez libre, puisqu'elle se serait détachée de la croyance traditionnelle de ses parents et serait devenue une adepte du Dammagei par conviction, et aurait ainsi réalisé sa propre petite révolution contre les traditions sociales - bon bref: cette impression s'est aussi révélée incorrecte - elle n'était pas du tout une évadée de la chaîne d'absorption aveugle de la religion parentale, non, son père lui-même était Dammagei...
Bon. De toute facon ca ne me regarde pas. J'ai ainsi passé la matinée avec ma mamie et ma tante (dont j'ai donc pu faire connaissance - la plus jeune soeur de ma mère, trés gentille et bavarde. Elle me rappelle Thea) à préparer le repas des moines. Un véritable festin (comme cette organisation est assez riche, les conditions de vie des moines le sont aussi en comparaison avec d'autres moines!). Ensuite nous avons tous mangés avant 12h (les moines n'ont pas le droit de manger après midi).Mon grand-père est un homme sympathique, sa petite cabane (ca non plus ce n'est pas habituel, normalement il ya des dortoirs) à l'ombre de la paroi rocheuse bien confortable, mais bon. Je ne vais sans doute plus jamais le revoir...
Peut-être que vous aussi vous avez été saisis d'un petit étonnement - comment cela peut-il se faire, qu'il soit moine depuis 10 ans, qu'il ne sache pas "quand il revient chez lui" et ce que deviennent sa femme et ses enfants? Et bien je crois, mais je ne suis pas sûr, ma grand-mère est divorcée mais quand même: elle n'a pas eu d'autre choix que de le laisser partir. Et elle ne pouvait rien dire contre, c'est "au service du boudhisme au-dessus de tout" et en plus on ne montre pas ses sentiments etc... ca serait pas mon truc.
Cette journée a aussi pris fin, et à 17 h j'étais de retour à la maison.
Il avait déjà été prévu à l'avance que je dormirai chez Lynn. Après m'avoir observé ces dernières semaines, elle m'avait dernièrement écrit un SMS (elle se trouvait à Bangkok) pour me dire qu'elle était très attristée de constater que je n'était plus cet être radieux et lui semblait de plus en plus oppressé. Il fallait que je me dise que tout est relatif et que les problèmes ne m'affectent pas directement dans "ce que je suis". Bref elle m'avait invité à dormir chez elle pour prendre du recul et pouvoir observer les choses de facon plus précise.
Comme souvent ma mère était partie sans dire un mot (c'est pas que ce serait son devoir, c'est sa maison, ses règles, je ne suis pas dans la position d'exiger quoique ce soit), et il m'a donc fallu l'appeler par téléphone. J'ai empaqueté ma nouvelle que je devais maintenant partir de facon polie en posant la question "Dai mai?" (ai-je le droit?) Sa réponse, pour laquelle j'ai après trouvé en conversant avec Lynn une bonne désignation, était quand même bien "bitchy" et venimeuse. Elle a dit "Mai bpen lai" -"ca ne fait rien" ... je fais grâce d'une explication...
Bon. J'ai à présent trouvé un moule solide pour beaucoup de sentiments et de réflexions incomplètes. Pour débuter quelque chose qui demandera pas mal de lignes d'explication.Excusez-moi - mais ca n'apporte rien à personne de m'obliger à être bref et du coup de produire un texte aride et sans contenu.
Lynn me disais qu'elle avait réfléchi sur mon cas ces derniers jours. Elle avait pu observer comme je suis peu à peu passé de cette personne créative et pleine de caractère à quelqu'un qui devient de plus en plus calme et tranquille. J'y ai un peu réfléchi. Et elle a raison. A cause du processus d'adaptation je me suis peu à peu perdu moi-même.
Du fait qu'en thailande on opprime, quelque soient les circonstances, l'individualité et la particularité, le tempérament et la formation de caractère (ce n'est pas pour rien qu'il y a des uniformes scolaires, le "Jai Yen" [coeur réfrigéré], l'"overacting" de mes amis, la timidité absolue de tout un chacun et le fait qu'en principe tous sont égaux...) j'ai peu à peu cessé de me donner tel que je suis, d'être Moi-même. Le prix est tout simplement trop haut. Point numéro un: je resterai toujours un Fallang. Bien que ma tentative de m'intégrer soit louable et nécessaire, cela ne justifie pas le retroussement complet de ma personalité, d'autant plus que seule une période définitivement courte de ma vie est concernée. Point numéro deux: mes professeurs et tous mes amis etc m'ont justement ouvert leur coeur parce que je suis ce que je suis. En restant fidèle, dans cette situation, à mes idéaux d'affirmation audacieuse de sa personalité, d'individualité et de ne-pas-se-laisser-influencer-par-chaque-trend, je peux être comme une fenêtre pour tout ces gens ici, qui ne savent pas mieux et tout simplement ne connaissent rien d'autre. Une fenêtre qui leur montre comment ils pourraient être si ils voulaient bien être moins sévères et opprimeurs de sentiments. Je ne voudrais pas changer la culture (pour qui je me prends, s'il vous plaît?), juste ils pourraient voir que ca marche aussi autrement.
Et là c'est facile d' enchaîner sur le deuxième sujet - ici c'est un moment propice pour faire une petite plongée sous la surface. J'ai beau tourner et retourner les choses, j'ai beau observer cette "année" de perspectives différentes, il y a toujours un résultat en arrière-plan: ce n'est pas si important que ca. Cela ne rend pas les choses moins belles ou moins dignes d'être vécues. Mais il est de fait que cette année n'est qu'une petite excursion sur la route de ma vie, et donc il est inutile (pour en revenir à "être fidèle à soi-même") et ultérieurement juste triste pour moi d'essayer d'adapter ma personne entière aux circonstances d'ici. Comment d'ailleurs cela pourrait-il se réaliser en un an, alors que j'ai passé un incomparable plus grand nombre d'années à m'épanouir dans ma propre culture. Et on a beau affirmer que "les cultures sont toutes égales en droits", je ne peux m'empêcher d'éprouver que "nous" gérons mieux certains aspects de la vie que mes amis souvent naifs et coincés. Cela ne concerne que moi, et ainsi je m'accommode mieux et je pense seulement, au moment où des choses me hérissent trop ou se heurtent à mes valeurs éthiques "je fais comme tout le monde, et dans quelques mois je pourrai expliquer à d'autres personnes en quoi je trouvais ceci ou cela totalement inhumain..."
Bienbien. Et - alors? Pourquoi est-ce-que je ne traverse pas la ville en dansant et secouant des foulards - parce que de toute facon" ils ne me comprennent pas"? Comme je le fais (d'être "différent") , ils le comprendrons ... mais tout dans ses propres portions, la volonté de s'adapter et d'accepter ne se perds pas pour autant. De même qu'un somnifère pris en quantité équilibrée fait du bien, alors que pris en surdose il amène la mort.
Là je peux directement prendre référence à l'exemple d'une amie. Il ya donc cette fille de ma classe (elle fait aussi partie de ma clique) et je découvre en elle un talent qui pourrait en faire une super personalité, elle a un grand don théatral et est trés rigolote, mais je m'apercois qu'elle se tors souvent tout simplement de SAVOIR qu'elle n'a pas le droit de dire ou de vivre ceci ou cela, seulement parce que la convenance le lui interdit.
Bien, pour remonter de notre pêche dans l'océan et prendre une bouffée d'air - je me suis donc apercu que j'ai bel et bien perdu de plus en plus de moi-même et que je commence à devenir plus calme (je crois que ca vient peut-être de l'idée "de toute facon ils ne pourrons pas cerner qui je suis" et c'est donc à la base une sorte de mentalité injuste et présomptueuse du genre "ils n'en valent pas le coup").Et en même temps les thais m'aiment justement parce que je suis comme je suis.
Rien de bien important, mais cela vaut mieux de s'en être rendu compte. Nous nous ranimons donc comme d'habitude après un petit trou !
Voilà - c'est ce que j'avais à dire sur moi. Ainsi je l'ai écrit, je vais bien, mais comme joue la vie (que ce soit à la maison ou autre part), il arrive toujours de trouver un petit gravier qui fait trébucher sur son chemin (le "Stolperstein""caillou qui fait trébucher" est une expression allemande pour exprimer une entrave, une dfficulté n.d.t.). Ce qui cependant est extraordinaire, c'est qu'on peut observer ce caillou de côtés tout à fait différents. Tout d'abord nous avons la perspective des répercussions directes et des gens ou de la situation qui s'y rattachent. Dans ce cas nous devenons généralement mélancoliques et vu sur cette face notre gravier grandit et prends les dimensions d'un rocher bloquant la route. Inutile. Tournons-nous donc d'abord tranquillement vers le côté opposé. De là la pierre a plutôt l'aspect d'une aide, est là pour me montrer comment faire mieux la prochaine fois dans ma vie. Ca redonne du courage pour aborder la chose. Si on observe le "Stolperstein", le problème d'en haut et qu'on le voit dans son ensemble, on se rend compte de sa petite taille par rapport à notre personne, qui a déjà avancée sur ses propres jambes un bon bout de chemin sur la route de notre vie. De ce fait nous nous rendons non seulement compte de l'illusion qui nous prive fallacieusement de notre courage, non - on se sent tout de suite mieux, car on se rend compte de sa propre taille et de son autorité (puisque nous sommes propriétaires de notre route).
A partir de cette attitude fondamentale et de la possibilité de ne pas perdre la tête pour n'importe quoi, nous pouvons nous tourner vers le caillou sous forme de ma mère d'accueil. Après réflexions claires et avec l'aide de pensées stimulantes de Lynn nous en arrivons à la description de situation suivante:
Ma mère m'aime bien. Au début elle m'aimait beaucoup, sinon elle ne m'aurait jamais recueilli. De plus elle me montrait nettement son affection (ce qui m'a fait beaucoup de bien, puisque je suis une personne avide d'harmonie et d'amour). Sans doute suis-je à présent, dirons-nous, "gâté" et mes exigences sont trop hautes. Convenons que c'est simplement la facon de faire thai de ne pas démontrer plus nettement sa faveur. Continuons: je fais de mon mieux. j'essaie de toutes mes forces d'être complaisant et de suivre toutes les règles familiales qui sont conciliables avec mes propres besoins de base. Je suis un invité et ne peux donc pas exiger un trop grand espace de liberté. Ce qui au départ me rendait triste, je le ressens maintenant comme une possibilité d'apprendre. C'est dur d'être un invité, mais ca me prépare à beaucoup de situations. (Jusqu'à hier) je n'avais pas commis de trop grosse bêtise, et de même que ces expériences sont nouvelles pour ma mère (ce que je ne dois jamais oublier - pour elle aussi c'est sûrement difficile!), de même elles le sont pour moi, et je suis un humain, qui commet des erreurs.
Bien - quelle était la raison de ce "jusqu'à hier" entre parenthèses? Hier, lundi, j'avais ICT (cad internet...) J'avais déjà dépassé la durée régulière, mais ma prof avait encore besoin de mon aide sur MSN (et en tant que "thai" je ne peux vraiment pas refuser, même si ca tombe particulièrement mal de prêter cette aide - c'est toujours le solliciteur qui doit retirer sa demande de lui-même...) où tout se déroule en anglais. Bien. Je suis arrivé à la maison 16 minutes après l'heure la plus tardive (cad 18h), il faisait déjà sombre. Ma mère était fâchée, j'étais pleinement conscient de ma faute et ce que j'ai fait, c'est qu'après lui avoir présenté toutes les excuses possibles j'en ai rajouté aujourd'hui et je lui ai amené des fleurs prises sur le chemin de l'école. Même elle qui est une femme ardente et volontiers mauvaise ("mauvaise" dans le sens de "angry") ne peut résister à des fleurs...
Et voilà. Cet incident que l'on peut me démontrer sans que je discute est donc réglé. J'attends donc avec un coeur tranquille. J'essaie simplement de suivre les nombreuses (absurdes) règles selon le système "je suis dans leur ménage, je suis leurs règles", au moins ce que je peux concilier avec moi-même.Tout ce que je dois faire, le moins possible de ce qui me chagrine.
Une chose instructive, et qui pourrait être intéressante à apprendre, est que je n'ai pas le droit de répondre à ma mère (et mes profs et ma grand-mère...)Quand on me dit quelque chose, je ne peux pas comme à la maison me justifier et expliquer de facon abondante et soignée, je dois juste sourire et dire "I see". Je ne dis pas que j'acquiesce, et mon sourire fait partie de la catégorie sourire-thai "oui oui tu peux toujours parler". C'est pas plus compliqué que ca. D'après nos conceptions morales cela parait de mauvais goût, mais pourquoi ne pourrai-je pas utiliser les armes de la culture thai, si tout le monde ici le fait?
En ce qui concerne ma mère en tant que personne je doit absolument et de facon urgente retourner à un degré où je l'aime vraiment bien. C'est vrai que c'est souvent une femme ronchon, si on l'observe au travail par exemple elle fait toujours une mine grincheuse. Si Madame est de mauvaise humeur le matin, elle le fait sentir à tout le monde (sauf la très honorée grand-mère) dans la maisonnée et la fille ou le fils d'accueil se font criailler et harceler. Mais même si c'est vraiment très difficile de la faire sourire, il faut prendre en considération qu'elle se donne vraiment du mal. Oui, c'est même mon devoir de l'aimer quand on voit quel effort elle fait pour devenir un meilleure personne. Ce serait autre chose si elle se reposait sur son manque d'équilibre (qui vient peut-être, si on en croit la remarque polie d'un de mes jeunes profs, du changement d'hormones à son âge [42]). Elle s'efforce honorablement, médite et suis toutes les instructions de tous les moines qui sont eux-mêmes devenus de tels "meilleurs hommes". Il faut bien dire qu'elle n'exerce et n'enseigne pas la méditation parce qu'elle est elle-même un être harmonieux, mais parce qu'elle doit l'apprendre elle aussi. Je crois que tous ces moines, ecclésiastiques et prédicateurs -même si à la fin ils ont réellement atteind leur but et sont devenus des exemples- ne prêchent tout cela au fond que parce que ce sont des choses qu'eux même surtout doivent apprendre. Oui oui.
Bref - même si ma mère poursuit son but à l'aide de faux moyens (en suivant comme un petit mouton aveugle les instructions de ses Moines Supérieurs et de sa télévision, et en faisant ses exercices pour un meilleur caractère comme si elle mettait des croix sur une liste), il n'en reste que ce sont les seuls moyens qu'elle connaisse. Elle n'a jamais appris à se faire ses propres réflexions et à remettre les idéologies en question. Et c'est ainsi que tous les soirs elle récite la même phrase monotone, en réponse à la question du Supérieur "Yim laeo?" "avez-vous déjà sourit?" "Yim laeo" "déjà sourit"... et pourtant elle n'a pas plus sourit ce jour-là que je ne le ferai pendant un passage dans le hache-viande ... mais elle essaie. Et c'est cela qui doit me servir d'étalon.
Nous n'avons pas le droit de juger les gens d'après leurs succès, mais de facon primaire d'après leur volonté et leur effort.
Je vous congédie avec ces pensées,
je vous salue,
sentez-vous au plus chaleureusement serrés dans mes bras,
l'un ou l'autre recois aussi un petit bisou sur la joue,
la patrie dans la coeur est le bercail de l'âme -
je vous remercie de me donner une maison


Tino