Tel un tapis volant sur les nuages du temps jeudi 14 décembre
Voici qu'à nouveau un long silence s'est établi. Mais ce n'est pas une occasion pour se gratter la tête, les raisons étant évidentes ou lisibles dans mon agenda. En y réfléchissant et si les bases de mes calculs ne sont pas fondamentalement plein de fautes gigantesques (à propos, on dit "Yak" pour un géant en thai), le laps de temps entre le texte actuel, que je [m'aspire des doigts] (expression allemande quand on a du mal à pondre un texte n.d.t) et dont l'aspiration se communique à mon clavier (à trois étages, car clavier thai), selon les loi physiques des messieurs Dyson et Vorwerk, pas motivé pour un sou après une tasse d'un trés fort café (accessible en thailande qu'après un combat forcené) et le dernier texte (où je parlais de pierres, c'est ca?) compte 3 - je l'écris en entier pour plus d'emphase - trois semaines.
Je ne sais pas avec quelle rapidité le temps passe du côté de chez vous, le tour du globe à l'horizontale et ensuite on remonte un peu, mais ici - wusch! Le mois de novembre est passé à toute vitesse, finissant rempli d'excursions (comment s.v.p. traduire correctement "bpai tiau"? "rendre visite", "faire une excursion", "vacances" - un mélange de tout ca?)
Faisons donc un retour en arrière, fouillons dans les archives de la mémoire sous "pluie d'étoiles", 2 étagère à gauche, section novembre 2006.
"aujourd'hui j'ai dû saluer Ma-Miau quatre fois jusqu'à ce qu'elle me réponde,,," - non, c'est pas là. Qu'est-ce-qu'il y a dans le tiroir ... "hihi! deux éléphants viennent de passer dans notre rue" (comme d'habitude pour aller manger etc) - non, c'est pas ca non plus. Où ca peux bien être ... ah! là! "après quelques réflexions spirituelles et philosophiques la semaine tirait à sa fin et ..." - Oui, c'est exactement ca que je cherchais. Bon, retroussons nos manches. Que s'est-il bien passé?
Après quelques semaines normales (concernant les activités, j'allais juste à l'école) je suis allé avec Lynn à Chayaphum (capitale de la province) - nous avons fait qelques achats nécessaires, car dans ma petite ville Ampoe beaucoup de choses ne se trouvent pas - et j'ai passé la nuit chez elle (non sans conversation agréable, limonade faite maison et les "mémoires d'une Geisha"), pour ensuite partir pour trois jours à Loei. D'aucuns parmi vous vont à présent sauter de leur fauteuil de bureau et crier "mais je connais!"... ou tout au moins ce serait le cas idéal chez un lecteur attentif.
Oui. Il s'agit à nouveau de cette province montagneuse magnifique, extraordinaire et pourtant si inconnue (tout au moins en ce qui concerne les guides de voyage ordinaires) au nord-est, à peu près à 80 km de chez moi.
Cela reste pour moi une déclaration branlante, à savoir si vous aussi vous avez eu droit à cet évènement astrologique sous vos degrés de latitude, pour chez nous en tout cas je peux affirmer à juste titre qu'une pluie d'étoiles était annoncée pour le 18/19 novembre.
Et c'est là que ma professeur Ajan Arunocha (head du englishdepartment et une affectueuse lady thailandaise) a décidé de saisir l'occasion et nous a tous invités à venir chez elle dans sa maison là-haut dans les montagnes, d'autant plus que celle-ci porte le nom "maison-pour -regarder-les-étoiles" (baan-dschom-dtao).
Finalement l'expédition ne comportait qu'une autre professeur (ancienne advisor de Viktoria et de par ce fait très fatigante [bon, j'avoue que ca c'est nettement calmé], car elle passe son temps à raconter ce que "Viktoria a fait là" et "vicki ici"...), ses deux petits-enfants, une amie de ma grand-mère, moi-même et le mari d'Ajan Arunocha. Il n'y avait pas plus de candidats -ce qui a attristé Aj. Arunocha, car elle avait envie de montrer à tous sa super maison-, parce que le voyage des professeurs au festival des fleurs de Chiang-Mai était prévu pour la même période; j'avais résilié ma participation à ce voyage, les "visites d'autres écoles" etc typiques n'étant pas trop prometteurs. Ah oui, ma mère, elle, a participé au voyage, ce qui m'a évité des remarques par derrière. Ma grand-mère était à la maison, et elle trouvait super que "j'aille rendre visite à mon amie et professeur et que je dorme chez elle" et n'arrêtait pas de faire des remarques enthousiastes.
Retournons sur le highway de mon récit - nous sommes donc partis vendredi. J'étais assis à l'arrière sur le plan de chargement avec le neveu (ou petit-fils ou je ne sais quoi) de Aj. Sangwan, c'est sûr, on est les garcons...
Je me suis nouveau régalé durant le voyage. Ces infinies forêts couvertes de bambous et d'arbres géants, qui drapent les montagnes ondoyantes tel un tapis de velours vert foncé, qui, comme un géant versant de son arrosoir de la roche liquide, se répandent vers la vallée pour ensuite s'y étaler en terrasses de rizières joliment formées. La nuit, les lumières fascinantes et les couleurs au firmament m'ont dérobé le sommeil (sans que leur porte rancune), passant de l'orange du soleil couchant aux versants des montagnes brûlants en rouge et or, jusqu'aux nuances bleues et vertes du ciel nocturne.
Bref. La maison d'Aj. Arunocha (pour ceux qui ont une mémoire à trous - "Ajan" signifie "professeur") était véritablement comme un petit observatoire et un lieu de délassement sur un versant, au milieu du néant, à ses pieds (y a-t-il des chaussures pour les maisons?) un lac d'où s'agrippaient dans la nuit, fantômes muets, des bras osseux, et le matin les vieux arbres semblent des témoins immobiles du temps, quand la brume blanche ne s'est pas encore faite débusquer par le vent des plis et des vallées de la montagne. Mais savez-vous ce qui fait vraiment la différence? Ajan Arunocha est une femme intéressée, ouverte et ses deux maisons ne sont vraiment pas typiquement thai, pratiques et hétéroclites, au contraire tout est assorti, les photos sur les murs sont bien ordonnées et son portail est flanqué de deux superbes lions (singh) en bois de Chiang Mai. Elle s'intéresse aux autres et montre de la compréhension et est toujours attirée par un entretien (productif) (qu'elle provoque souvent). Et bien, la différence c'est: elle a voyagé! Oui, c'est du vrai de vrai! Elle était même déjà en allemagne et autre part (et je crois que c'est pour ca qu'elle est "head of department"), elle a fait connaissance du penchant occidental pour l'ésthetique et l'individualisme ... interéssant, non?
Durant ces trois jours vraiment sympas nous avons entrepris pas mal de choses - et ici aussi l'autre face des thailandais. Ils aiment (on y croit pas) l'aventure! ouiiii! Donc nous ne nous sommes pas contentés des lieus d'excursion habituels, coulés dans du béton (pour éviter les chutes désagréables) et truffés de panneaux-pour-se-mettre-devant-et-se-faire-photografier , non, nous sommes partis vers une cascade qui n'était accessible que par la forêt (ouh! là débute déjà l'aventure insurmontable et pas sanuk [rigolo et agréable] du tout) - en plus il s'agissait d'une forêt de bambous, j'avais toujours eu envie de voir ca.
Oui, et après bien sûr l'apothéose. Ma prof raconte encore volontiers avec fierté quelle "adventure" c'était et que aucun de mes autres profs n'a jamais vécu ca - nous sommes montéd sur la deuxième montagne de thailande dans un it-Taek, à travers la forêt vierge, jusqu'au fleuve, nous sommes grimpés sur un rocher (brut!), avons évidemment fait les inévitables photos-panneaux, redescendus à pied et hop sur le it-Taek.
Pour ne pas vous laisser dans l'obscurité, appuyons sur le commutateur: un it-Taek est une espèce de tracteur (ou peut-être une tondeuse?) transformé, avec des palettes de bois pour s'asseoir. Ces trucs bizarres réussissent je ne sais comment à gravir les "chemins" et les sillons montagnards impraticables et sont conduits de telle facon par le chauffeur, que celui-ci ne regarde pas la route devant lui, mais les roues sous lui.
Au début j'étais un peu troublé par ce chauffeur qui apparement observait sans cesse ses chaussures pourries ...
Bien - sinon j'ai appris durant les feux de camp à faire du Kao-Lam (riz collant avec noix de coco dans des tiges de bambous) et j'ai vu au moins ... pleiiiiin d'étoiles filantes, j'arrivais pas à suivre avec mes voeux. De toute facon mon voeu est toujours le même; pour cela nous (deux garcons) sommes sortis à quatre pattes de notre tente à trois heures du matin (il n'y avait plus de place dans la maison, qui de toute facon ressemble plutôt à un chalet assez primitif, ce qui en fait tout le charme) - vous n'imaginez pas combien on peut voir d'étoiles là-haut sur la montagne. Maintenant je sais avec certitude: il y a vraiment une multitude de ces petites loupiotes mystérieuses dans le firmament.
C'est le moment idéal pour évoquer un bienfait (assez douteux pour les thais) - là haut, et surtout dans notre tente, il faisait merveilleusement ... froiiiid. J'ai dû enfiler un pull la nuit! Vous comprendrez bien que c'était une variation bienvenue après 4 mois à 40 degrés humides.
Dimanche nous sommes retournés à la maison, en faisant un arrêt au "château de Loei" (en francais dans le texte, n.d.t.) - et imaginez, il n'y a ici bel et bien pas seulement du riz, des bananiers, des cannes à sucre et des fruit du dragon, quelques pieds de vigne se sont enracinés dans le sol du sud-est asiatique - et le produit peut même servir à faire du vinaigre.
Et la glace à la rose maison était encore meilleure que celle du Cheops à Aix-en-Provence!
Alors que nous avions tranquillement repris la route, le père s'est tout d'un coup arrêté, et nous, tous seuls et mis à part derrière -snif- nous n'avions aucune idée du pourquoi du comment sur cette route déserte. Il est deschendu armé d'une machette, et un connaisseur de "scream" aurait pris la panique au plus tard à ce moment-là. Mais ses pas se sont éloignés du véhicule et l'ont amenés à un groupe de bambous à proximité. Un, deux, trois et 5 troncs de 6 mètres étaient immobiles par terre (et ca avec des arbres!). Hache-hache, et ils sont venus se joindre à nous sur le pick-up.
Les bambous ont des espèces de petits poils blancs entre les feuilles qui grattent énormément, et ils se sont donc avérés des compagnons de route désagréables. Pour vous dévoiler la raison pour laquelle nous cherchons déjà des amis parmi les arbres: manger! Typique thai. Ces bambous que le mari d'Ajan a vu se balancer dans le vent au bord de la route serviront à faire du Kao Lam, dont je vous ai parlé plus haut. Oui oui.
Maintenant arrivons à la fin de l'histoire. Fin.
Ca c'était donc les étoiles. Le lendemain matin (lundi) en route pour une nouvelle destination - plonger dans une nouvelle aventure, composant ferme d'une année AFS: le week-exchange. Rendre visite pendant une semaine (l'envie de voyager et de vivre des aventures de la plupart des élèves, combinée avec l'intime vie à deux avec un ami [enfin plus si perdu et seul], il s'en suit que cela dure généralement un peu plus - moi avec mes 10 jours j'ai vraiment pas exagéré!) à un autre AFS, ou disons plus humainement à un ami, ce faisant sortir de "la maison" et faire connaissance d'une autre partie du pays.
Ce dernier point est particulièrement bien représenté, si je songe au nombre de fois où j'ai déjà voyagé...
Le matin donc j'ai pris le bus qui mène de Chum Pae (20 km de Phu Khieo) à Chiang Mai, avec un arrêt à Lampang pour voir ma chère Lena, avec laquelle m'attache une amitié trés stable, la meilleure au sein de l'AFS. Mes professeurs voulaient en fait que je prenne le bus pour Chum Pae tout seul (oho!) et que je me débrouille pour changer, mais le matin même ils ont changé d'avis, poussés par un inquiétude insumontable et injustifiable, et m'ont finalement accompagné.
Qu'à cela ne tienne, si ils ont absolument envie de se mettre en route une heure avant le début des cours, ca m'évite de payer 5 bahts.
Dois-je vraiment vous raconter le trajet? Non, juste un petit commentaire bête en marge... mais la route traversant les montagnes était si belle que même les thais, généralement immunisés contre les beautés de la nature sauvage, se sont acculés d'un côté du car pour admirer ces montagnes qui s'amoncelaient comme une forteresse, qui ondulaient dans leurs plis, leurs ravins et leurs robes entièrement vertes. Le car suivait les bords d'une de ces gorges, et comme tous les passagers étaient assis du même côté (vers le bord!), le véhicule s'inclinait dangereusement ...
J'ai quand même fini par arriver. Toutes mes craintes que Lena (qui sinon était toujours si contente, avait si bien appris le thai, était si bien intégrée dans sa collectivité locale et n'avait apparemment jamais de problèmes, le tout combiné avec une autre facon de voir l'année, car elle a déjà eu 3 AFS chez elle en allemagne et sa soeur a fait l'Amérique du Sud) risquerait de pas mal me négliger ou qu'il y aurait une situation désagréable lors de présentations, toutes ces craintes se sont envolées. Nous sommes aussi allés voir ses amis un peu foufous dans sa ville (village) et nous nous sommes bien amusés, avec les thais et ses amis thais à l'école. Bien, pour expliquer la situation: j'habitais là-bas chez une famille thai, une prof d'informatique et un officier de police (ce qui a provoqué des conflits sous-jacents avec le père de Lena, lui-même policier mais subalterne). Riches, grande maison, la mère trés gentille, même si elle voulait m'acheter et me donner un peu trop de choses à mon goût.
Nous allions ensemble à l'école, mais nous avions en plus d'autres activités tous les jours (parfois même pendant les cours) et du bpai tiau. C'est ainsi que nous sommes allés à Lampang et y avons pris les célèbres équipages à cheval (ce qui n'était pas spécialement agréable, vu que les villes thailandaises sont des chaos de béton pas vraiment décoratifs), nous avons participé à deux enterrements, sommes allés à des sources chaudes avec cascade, à Chiang-Rai au Triangle d'Or (Laos - Birmanie - Thailande et le Mékong au milieu), ensuite à Mae Sai, ville-frontière entre la Birmanie et la Thailande et de ce fait un gigantesque marché avec de tout, vraiment de tout. Des fringues venues de Chine jusqu'aux bijoux d'or et de rubis sortis des mines laotiennes. Ces derniers étaient bien interessant, et on peut bien se séparer de 6 euros pour une chaîne en or sertie d'émeraudes.
À Chiang-Rai se trouvait aussi un temple du plus célèbre artiste thailandais en peinture boudhiste moderne (la Thailande n'a pas de véritable scène artistique qui intéressserait le commun des mortels), tout en blanc avec des miroirs argentés. Vraiment trés beau! Dans la "chapelle", je veux dire l'intérieur, Lena et moi avons en plus pu observer l'artiste au travail, pendant qu'il peignait des motifs grandioses à main libre sur le mur du fond.
Je dois aussi dire que mon père, que chacun connaît apparement et qui avait des entrées réduites un peu partout, nous a conduit avec deux copains policiers dans les montagnes, vraiment dans la montagne éternelle, où nous sommes allés dans des villages de montagne carabinés, et je ne parle pas de ces gens revêtus d'habits folkoriques pour les touristes tels qu'on en trouve dans le guide, non, des villages de montagne "authentiques" (expression bêtasse), où tout est encore fait maison, les vêtements tissés par les habitants et où on a vu, avec de la chance, un pilône électrique. Ouah! c'était vraiment une trés belle expérience. Et touuuuut en haut de la montagne nous avons visité une ferme de mandarines. Et au milieu de la forêt (vous vous en apercevez? je parle / écris comme un petit enfant qui raconte tout excité) il y avait une maison dont mon père connaissait le propriétaire, avec un paysage fabuleux, et puis! Et puis nous nous y installerons pour deux jours après le weekexchange de Lena chez moi, quand j'irai chez elle pour après aller ensemble au Midstay Camp. Au milieu du néant dans les montagnes. Bien bien.
Là aussi j'ai appris pas mal de choses. Pitié de soi, du style "c'est moi qui va le plus mal", est insignifiant, les autres ont autant de problèmes, ainsi que j'ai souvent pu constater même plus (je ne mentionne que le niveau de langue et essaie de ne pas marcher publiquement sur les pieds de Marvin ... tu sais comment j'veux le dire); en fait Lena n'avait encore jamais eu de problèmes avec sa famille trés interéssée (c'est vraiment le problème principal avec lequel nous, les AFS venus de l'Europe individualiste, nous battons constamment - manque d'intérêt et de communication ... c'est plutôt rare de grapiller un sérieux "c'était comment?"), mais justement quand j'étais là il y a eu la grosse crise, elle songeait déjà à changer de famille, le père ne rentrait plus à la maison (il restait au poste de de police, où chaque fonctionnaire a un "appartement" ... sans exigences, s'il vous plaît, nous sommes en Thailande), Lena ne savait pas ce qu'elle avait fait, et à la base il y avait une dispute entre les parents et le fait que le père de Lena avait perdu la face (une chose trés nulle ici).
En tout cas je sais maintenant que le weekexchange est une chose super et je me d'avance de sa venue en janvier.Pendant ma présence là-bas il nous est même venue à l'idée, comment ca serait si j'habitais aussi à Chae Hom... c'est vrai qu'à deux tout est beaucoup plus simple, surtout maintenant que nous sommes amis et que nous nous en sortons bien en thailandais et ne nous faisons plus trop remarquer en tant que "fallang".
Ensemble et pourtant en pleine année AFS. Maiiiiis toutes ces pensées ne sont que rêveries, je ne peux pas du jour au lendemain choquer tout les chers et les moins chers et dire "merci! c'était pas mal, mais là-haut dans le nord avec mes copains ca me plaît mieux."
C'est un fait que le Nord est trés différent, aussi en ce qui concerne le comportement, que l'Isaan. Ici (Isaan) tout est ...grossier. Je ne peux pas vraiment m'exprimer, les reflexions sur ce sujet ne sont pas encore tout à fait finies. Mais... bon, là.haut il y a du tourisme, beaucoup d'art et de belles choses, des arbres, et les gens se promènent même dans la nature. Chez nous c'est plutôt dénudé, et beaucoup plus pauvre etc... je sais pas, un peu obtus...Peut-être que ´j'y reviendrai un fois. Bouclons donc le week-exchange. De cette manière nous passons à un autre épisode de l'année; celle-ci se répartie en effet, de manière trés bizarre et sans qu'on le veuille en choses AFS (Arrival camp - COC - Massage - weekexch. etc). Bouf.
Je m'arrête? J'aimerai bien en raconter encore un peu, mais je ne voudrai pas vous ennuyer ni prendre de votre précieux temps de "aiaiaie -c'est-Noel ". Bon, ceux qui veulent arrêter maintenant vont rater le English-Camp...
Je suis donc rentré à la maison chargé de nouvelles choses, expériences, sensation et surtout beaucoup d'amusement avec une bonne amie - 2 jours plus tard que prévu, ma mère d'accueil (à Chae-Hom) avait fait rallonger mon exchange, car un festival avait lieu dans l'école de Lena.Je suis rentré jeudi, ma mère était durant ces journées (aussi au téléphone) assez gentille et pas de mauvaise humeur et négative. Peut-être parce qu'elle s'est apercu que c'était quand même sympa d'avoir Tino chez elle. À présent, deux semaines plus tard, je peux dire: beaucoup d'air chaud, elle est à nouveau aussi grognon qu'avant. Mais bon, mon année ne se compose pas juste de ma mère d'accueil, et je ne vais pas tout me gâcher à cause de ca! En ce moment j'en jouis à fond, et comme la semaine prochaine c'est Midstay (23 semaines), le sentiment que je n'ai plus assez de temps s'est faufilé et je mets tout ce que je veux encore réaliser sur papier pour éviter que ca se noie.
C'est un fait que cette semaine et la semaine prochaine mon calendrier est complet, en commencant par les répétitions de ballet des élèves pour le Christmas Play, en passant par la filature de la soir et la confection de cerfs-volants thailandais (c.v. en allemand: "dragon", Drache, d'où l'explication de tino qui suit n.d.t.)(le dragon dans l'air, pas celui avec un briquet dans la gorge). Voulez-vous connaître mon programme? Samedi apprendre à faire des Kannom-Krog (mmmmh!), chez ma prof de cuisine. Ensuite l'après-midi aller chez Aj. Sangwan, je peux apprendre à tresser des nattes pour s'asseoir chez sa voisine. Youpi!
J'ai des fils de soie dans ma poche, mais j'ai perdu celui de ce récit... ah oui. Jeudi je suis donc rentré, vendredi à l'école (trés bien, revoir mes amis thais et me débarasser de mes cadeaux-bricoles ... ah, encore une chose étrange qui faudra que je vous explique). Samedi en route pour le English-Camp. ENCORE une chose que je peux radier de ma liste interne d'expériences. C'était vraiment bien!
L'hôtel était fantastique, notre école est réputée pour ses English-Camps (en tout cas ils sont présentés chaque année dans le "Students-Weekly", le journal thai/anglais de Today). Marvin est finalement venu, il a fait toute la route, descendu d'abord de Chang-Rai à Bangkok et ensuite remonté avec P'Ahm vers Korath. P'Ahm aussi est venu parce que mon école était son ancienne école (vous vous souvenez, le volontaire AFS [USA 1999-2000] que j'ai rencontré à Bangkok avant le COC). A propos, j'ai appris qu'à l'époque il était "student of the year" de l'Isaan, une fois de plus la triste preuve qu'en Thailande seuls ceux qui ont du succès ou qui sont riches peuvent faire une année d'échange.
Marvin par contre ne peux toujours pas dire grand chose en thai, il a même du mal à dire "j'ai faim". Nous nous sommes bien amusés dans notre chambre commune (lui évidemment par terre [matelas), chez nous 3 c'est le runninggag que Marvin tire toujours la carte du fessier), mais je peux me relever un peu en marchant et je peux dire en regardant dans ce miroir que, malgré mes problèmes, je suis quand même suis un AFS bien rangé. N'ayez pas peur, j'ai abandonné la prétention exagérée, mais on a quand même le droit de se taper sur l'épaule.
Le camp était dirigé par nous, les fallangs. Le plus important était la (vraiment drôle) One-man-show de Kevin des Media-Kids (l'organisation des professeurs fallangs/étrangers), nous en tant qu'élèves étions aussi pris vraiment au sérieux (Lisa, clin d'oeil du côté de notre occupation du mercredi) et chacun avait un groupe. Ou plutôt, bon, on m'a donné mon groupe (on nous appelait les "Tiger-Tongue", s.v.p. ne me demandez pas pourquoi), Marvin aidait Ahm ... les professeurs thailandais par contre ... hmm, ils étaient assis dans un coin et ma mère a même quitté ce stage, cours prévu déjà il y a longtemps, (n'a lieu qu'une fois par an), car c'était le premier dimanche du mois et il lui fallait absolument aller au Wat Dammagei ... la plus grande tolérance religieuse ne m'empêche pas de me faire mes petites idées, et je souris sage comme une image.
Bref - heu. À la fin les gamins (bon bon, il y en avait même de plus âgés que moi, mais moi, au moins je portais un élégant t-shirt mauve, pas orange comme les élèves) se sont éclatés durant une "disco finale", et même pour le spectacle des talents, dont nous les AFS avons profité jusqu'à en vomir pendant les week-end en Allemagne, ils nous ont tous surpris, laissant de côté leur habituelle timidité et "surtout ne pas se faire remarquer"... nous avions même une petite souris (vraiment bonne), qui a chanté toute seule "my heart will go on". Il faut juste que tu leur donne l'ordre et comme ca ils ont une justification ne permettant aucun doute !
Blaaaaa. Est-ce-que j'en ai encore à dire? Oh si! Vous n'imaginez pas tout ce qui m'arrive ici. Ce sont surtout les petites choses, comme les éléphants dont j'ai parlé plus haut (rien d'habituel, une exception1), ou quand je passe la nuit chez ma prof dans son village loin de tout au milieu des champs; debout le matin à 4.30h ("comme d'hab") avec la grand-mère, allumer un petit feu sur un foyer dans la "cuisine" pour ..."steam" - comment on dit? du Kao Niau, du riz collant.
Filer des fils de soie avec une autre prof, chez sa voisine, à partir des vers et des cocons. Oui, je vais bel et bien commencer d'apprendre à tisser. Je ne suis pas sûr que ce que vous vous imaginez là-dessous soit correct (je ne doute pas de votre culture, mais j'ai parfois du mal à faire la différence entre ce qui est devenu si normal pour moi et ce que je ne pourrais même pas deviner si je n'étais pas vennu ici); il ne s'agit pas simplement d'apprendre à manier le métier à tisser, c'est juste une éspèce de cadre en bois. Il faut que j'apprenne à nourrir les vers, filer et ensuite, selon un procédé trés compliqué, teindre le fil de différentes couleurs sur certaines longueurs pour ensuite obtenir le motif choisi (je n'arrive toujours pas à m'imaginer comment on peut faire ca simplement par la force de l'imagination). Jusqu'à présent je n'ai fais que le simple tissage avec la mère de ma prof (celle qui vit en autarcie dans son village .. ils ne mangent que ce qu'ils ont semé ou font du troc avec les voisins), c'est à dire le moment où on doit mettre le fils coloré dans la bonne position. Elle produit le tissu pour ses propres besoins, mais aussi, ainsi que je l'ai appris maintenant, tous les magnifiques costumes de soie portés par tous les prof de cette province.
Et comme je m'apercois en tapant, j'écris dans un langage peu soigné et sans style. Une petite remarque en passant, pour que vous sachiez que je sais que ceci n'est pas l'usage liguistique habituel et utilisé de préférence. D'habitude ce texte est ma possibilté de m'épancher, ce qui permet à quelques petites expressions ("Salopettes" en allemand, n.d.t., voir la suite)
(ne prononcez pas à la francaise, ca prendrait un tout autre sens) de se glisser dans cette jungle de symboles noirs, qui ne sont tous que les pulsations électriques 1-0-1-1-0-... d'une machine, et qui pourtant pulvérisent tant de chaleur humaine. Comme vous voyez, je deviens gnangnan et commence à délirer. Depêchons-nous donc de s'arrêter à cet endroit et terminons cet épopée d'un mois d'expérience, je vous congédie dans la chaude luisance allemande de Noel et je vous envoie mes salutations distinguées.
D'ici Noel je redonnerai de mes nouvelles, je suis de nouveau à la maison.
Désolé, encore une petite bricole importante - je m'excuse auprès de tous ceux qui m'ont écris, dont j'aspirais les nouvelles avec bonheur et dont les signes de vie me réchauffaient ... mais auxquels je n'ai pas répondu. Les mails se font de plus en plus rares, Patty doit être assez fâchée, Carina contrariée, Lisa me connaît depuis assez longtemps pour être de mauvaise humeur. Je ne pouvais pas faire autrement, en échange je partage plus d'expériences; mais quand même, j'éspère que vous n'allez pas attrapper une vulgaire Ironitis.
Brassant dans l'éternel bourbier du monde
Tino
Encore! une ligne minimale, une petite manifestation, un petit coup de téléphone arabe - à la fin de cette semaine, et malgré mon hésitation, c'est la moitié de mon séjour. Mon calendrier jure par tous ses dieux qu'il ne ment pas, quelque soit le renâclement de mon mouvement d'horlogerie biologique qui veux me métronomer une autre mesure, et il ne me reste plus qu'à faire confiance à ce petit bout de forêt retravaillé.
Je ne sais pas avec quelle rapidité le temps passe du côté de chez vous, le tour du globe à l'horizontale et ensuite on remonte un peu, mais ici - wusch! Le mois de novembre est passé à toute vitesse, finissant rempli d'excursions (comment s.v.p. traduire correctement "bpai tiau"? "rendre visite", "faire une excursion", "vacances" - un mélange de tout ca?)
Faisons donc un retour en arrière, fouillons dans les archives de la mémoire sous "pluie d'étoiles", 2 étagère à gauche, section novembre 2006.
"aujourd'hui j'ai dû saluer Ma-Miau quatre fois jusqu'à ce qu'elle me réponde,,," - non, c'est pas là. Qu'est-ce-qu'il y a dans le tiroir ... "hihi! deux éléphants viennent de passer dans notre rue" (comme d'habitude pour aller manger etc) - non, c'est pas ca non plus. Où ca peux bien être ... ah! là! "après quelques réflexions spirituelles et philosophiques la semaine tirait à sa fin et ..." - Oui, c'est exactement ca que je cherchais. Bon, retroussons nos manches. Que s'est-il bien passé?
Après quelques semaines normales (concernant les activités, j'allais juste à l'école) je suis allé avec Lynn à Chayaphum (capitale de la province) - nous avons fait qelques achats nécessaires, car dans ma petite ville Ampoe beaucoup de choses ne se trouvent pas - et j'ai passé la nuit chez elle (non sans conversation agréable, limonade faite maison et les "mémoires d'une Geisha"), pour ensuite partir pour trois jours à Loei. D'aucuns parmi vous vont à présent sauter de leur fauteuil de bureau et crier "mais je connais!"... ou tout au moins ce serait le cas idéal chez un lecteur attentif.
Oui. Il s'agit à nouveau de cette province montagneuse magnifique, extraordinaire et pourtant si inconnue (tout au moins en ce qui concerne les guides de voyage ordinaires) au nord-est, à peu près à 80 km de chez moi.
Cela reste pour moi une déclaration branlante, à savoir si vous aussi vous avez eu droit à cet évènement astrologique sous vos degrés de latitude, pour chez nous en tout cas je peux affirmer à juste titre qu'une pluie d'étoiles était annoncée pour le 18/19 novembre.
Et c'est là que ma professeur Ajan Arunocha (head du englishdepartment et une affectueuse lady thailandaise) a décidé de saisir l'occasion et nous a tous invités à venir chez elle dans sa maison là-haut dans les montagnes, d'autant plus que celle-ci porte le nom "maison-pour -regarder-les-étoiles" (baan-dschom-dtao).
Finalement l'expédition ne comportait qu'une autre professeur (ancienne advisor de Viktoria et de par ce fait très fatigante [bon, j'avoue que ca c'est nettement calmé], car elle passe son temps à raconter ce que "Viktoria a fait là" et "vicki ici"...), ses deux petits-enfants, une amie de ma grand-mère, moi-même et le mari d'Ajan Arunocha. Il n'y avait pas plus de candidats -ce qui a attristé Aj. Arunocha, car elle avait envie de montrer à tous sa super maison-, parce que le voyage des professeurs au festival des fleurs de Chiang-Mai était prévu pour la même période; j'avais résilié ma participation à ce voyage, les "visites d'autres écoles" etc typiques n'étant pas trop prometteurs. Ah oui, ma mère, elle, a participé au voyage, ce qui m'a évité des remarques par derrière. Ma grand-mère était à la maison, et elle trouvait super que "j'aille rendre visite à mon amie et professeur et que je dorme chez elle" et n'arrêtait pas de faire des remarques enthousiastes.
Retournons sur le highway de mon récit - nous sommes donc partis vendredi. J'étais assis à l'arrière sur le plan de chargement avec le neveu (ou petit-fils ou je ne sais quoi) de Aj. Sangwan, c'est sûr, on est les garcons...
Je me suis nouveau régalé durant le voyage. Ces infinies forêts couvertes de bambous et d'arbres géants, qui drapent les montagnes ondoyantes tel un tapis de velours vert foncé, qui, comme un géant versant de son arrosoir de la roche liquide, se répandent vers la vallée pour ensuite s'y étaler en terrasses de rizières joliment formées. La nuit, les lumières fascinantes et les couleurs au firmament m'ont dérobé le sommeil (sans que leur porte rancune), passant de l'orange du soleil couchant aux versants des montagnes brûlants en rouge et or, jusqu'aux nuances bleues et vertes du ciel nocturne.
Bref. La maison d'Aj. Arunocha (pour ceux qui ont une mémoire à trous - "Ajan" signifie "professeur") était véritablement comme un petit observatoire et un lieu de délassement sur un versant, au milieu du néant, à ses pieds (y a-t-il des chaussures pour les maisons?) un lac d'où s'agrippaient dans la nuit, fantômes muets, des bras osseux, et le matin les vieux arbres semblent des témoins immobiles du temps, quand la brume blanche ne s'est pas encore faite débusquer par le vent des plis et des vallées de la montagne. Mais savez-vous ce qui fait vraiment la différence? Ajan Arunocha est une femme intéressée, ouverte et ses deux maisons ne sont vraiment pas typiquement thai, pratiques et hétéroclites, au contraire tout est assorti, les photos sur les murs sont bien ordonnées et son portail est flanqué de deux superbes lions (singh) en bois de Chiang Mai. Elle s'intéresse aux autres et montre de la compréhension et est toujours attirée par un entretien (productif) (qu'elle provoque souvent). Et bien, la différence c'est: elle a voyagé! Oui, c'est du vrai de vrai! Elle était même déjà en allemagne et autre part (et je crois que c'est pour ca qu'elle est "head of department"), elle a fait connaissance du penchant occidental pour l'ésthetique et l'individualisme ... interéssant, non?
Durant ces trois jours vraiment sympas nous avons entrepris pas mal de choses - et ici aussi l'autre face des thailandais. Ils aiment (on y croit pas) l'aventure! ouiiii! Donc nous ne nous sommes pas contentés des lieus d'excursion habituels, coulés dans du béton (pour éviter les chutes désagréables) et truffés de panneaux-pour-se-mettre-devant-et-se-faire-photografier , non, nous sommes partis vers une cascade qui n'était accessible que par la forêt (ouh! là débute déjà l'aventure insurmontable et pas sanuk [rigolo et agréable] du tout) - en plus il s'agissait d'une forêt de bambous, j'avais toujours eu envie de voir ca.
Oui, et après bien sûr l'apothéose. Ma prof raconte encore volontiers avec fierté quelle "adventure" c'était et que aucun de mes autres profs n'a jamais vécu ca - nous sommes montéd sur la deuxième montagne de thailande dans un it-Taek, à travers la forêt vierge, jusqu'au fleuve, nous sommes grimpés sur un rocher (brut!), avons évidemment fait les inévitables photos-panneaux, redescendus à pied et hop sur le it-Taek.
Pour ne pas vous laisser dans l'obscurité, appuyons sur le commutateur: un it-Taek est une espèce de tracteur (ou peut-être une tondeuse?) transformé, avec des palettes de bois pour s'asseoir. Ces trucs bizarres réussissent je ne sais comment à gravir les "chemins" et les sillons montagnards impraticables et sont conduits de telle facon par le chauffeur, que celui-ci ne regarde pas la route devant lui, mais les roues sous lui.
Au début j'étais un peu troublé par ce chauffeur qui apparement observait sans cesse ses chaussures pourries ...
Bien - sinon j'ai appris durant les feux de camp à faire du Kao-Lam (riz collant avec noix de coco dans des tiges de bambous) et j'ai vu au moins ... pleiiiiin d'étoiles filantes, j'arrivais pas à suivre avec mes voeux. De toute facon mon voeu est toujours le même; pour cela nous (deux garcons) sommes sortis à quatre pattes de notre tente à trois heures du matin (il n'y avait plus de place dans la maison, qui de toute facon ressemble plutôt à un chalet assez primitif, ce qui en fait tout le charme) - vous n'imaginez pas combien on peut voir d'étoiles là-haut sur la montagne. Maintenant je sais avec certitude: il y a vraiment une multitude de ces petites loupiotes mystérieuses dans le firmament.
C'est le moment idéal pour évoquer un bienfait (assez douteux pour les thais) - là haut, et surtout dans notre tente, il faisait merveilleusement ... froiiiid. J'ai dû enfiler un pull la nuit! Vous comprendrez bien que c'était une variation bienvenue après 4 mois à 40 degrés humides.
Dimanche nous sommes retournés à la maison, en faisant un arrêt au "château de Loei" (en francais dans le texte, n.d.t.) - et imaginez, il n'y a ici bel et bien pas seulement du riz, des bananiers, des cannes à sucre et des fruit du dragon, quelques pieds de vigne se sont enracinés dans le sol du sud-est asiatique - et le produit peut même servir à faire du vinaigre.
Et la glace à la rose maison était encore meilleure que celle du Cheops à Aix-en-Provence!
Alors que nous avions tranquillement repris la route, le père s'est tout d'un coup arrêté, et nous, tous seuls et mis à part derrière -snif- nous n'avions aucune idée du pourquoi du comment sur cette route déserte. Il est deschendu armé d'une machette, et un connaisseur de "scream" aurait pris la panique au plus tard à ce moment-là. Mais ses pas se sont éloignés du véhicule et l'ont amenés à un groupe de bambous à proximité. Un, deux, trois et 5 troncs de 6 mètres étaient immobiles par terre (et ca avec des arbres!). Hache-hache, et ils sont venus se joindre à nous sur le pick-up.
Les bambous ont des espèces de petits poils blancs entre les feuilles qui grattent énormément, et ils se sont donc avérés des compagnons de route désagréables. Pour vous dévoiler la raison pour laquelle nous cherchons déjà des amis parmi les arbres: manger! Typique thai. Ces bambous que le mari d'Ajan a vu se balancer dans le vent au bord de la route serviront à faire du Kao Lam, dont je vous ai parlé plus haut. Oui oui.
Maintenant arrivons à la fin de l'histoire. Fin.
Ca c'était donc les étoiles. Le lendemain matin (lundi) en route pour une nouvelle destination - plonger dans une nouvelle aventure, composant ferme d'une année AFS: le week-exchange. Rendre visite pendant une semaine (l'envie de voyager et de vivre des aventures de la plupart des élèves, combinée avec l'intime vie à deux avec un ami [enfin plus si perdu et seul], il s'en suit que cela dure généralement un peu plus - moi avec mes 10 jours j'ai vraiment pas exagéré!) à un autre AFS, ou disons plus humainement à un ami, ce faisant sortir de "la maison" et faire connaissance d'une autre partie du pays.
Ce dernier point est particulièrement bien représenté, si je songe au nombre de fois où j'ai déjà voyagé...
Le matin donc j'ai pris le bus qui mène de Chum Pae (20 km de Phu Khieo) à Chiang Mai, avec un arrêt à Lampang pour voir ma chère Lena, avec laquelle m'attache une amitié trés stable, la meilleure au sein de l'AFS. Mes professeurs voulaient en fait que je prenne le bus pour Chum Pae tout seul (oho!) et que je me débrouille pour changer, mais le matin même ils ont changé d'avis, poussés par un inquiétude insumontable et injustifiable, et m'ont finalement accompagné.
Qu'à cela ne tienne, si ils ont absolument envie de se mettre en route une heure avant le début des cours, ca m'évite de payer 5 bahts.
Dois-je vraiment vous raconter le trajet? Non, juste un petit commentaire bête en marge... mais la route traversant les montagnes était si belle que même les thais, généralement immunisés contre les beautés de la nature sauvage, se sont acculés d'un côté du car pour admirer ces montagnes qui s'amoncelaient comme une forteresse, qui ondulaient dans leurs plis, leurs ravins et leurs robes entièrement vertes. Le car suivait les bords d'une de ces gorges, et comme tous les passagers étaient assis du même côté (vers le bord!), le véhicule s'inclinait dangereusement ...
J'ai quand même fini par arriver. Toutes mes craintes que Lena (qui sinon était toujours si contente, avait si bien appris le thai, était si bien intégrée dans sa collectivité locale et n'avait apparemment jamais de problèmes, le tout combiné avec une autre facon de voir l'année, car elle a déjà eu 3 AFS chez elle en allemagne et sa soeur a fait l'Amérique du Sud) risquerait de pas mal me négliger ou qu'il y aurait une situation désagréable lors de présentations, toutes ces craintes se sont envolées. Nous sommes aussi allés voir ses amis un peu foufous dans sa ville (village) et nous nous sommes bien amusés, avec les thais et ses amis thais à l'école. Bien, pour expliquer la situation: j'habitais là-bas chez une famille thai, une prof d'informatique et un officier de police (ce qui a provoqué des conflits sous-jacents avec le père de Lena, lui-même policier mais subalterne). Riches, grande maison, la mère trés gentille, même si elle voulait m'acheter et me donner un peu trop de choses à mon goût.
Nous allions ensemble à l'école, mais nous avions en plus d'autres activités tous les jours (parfois même pendant les cours) et du bpai tiau. C'est ainsi que nous sommes allés à Lampang et y avons pris les célèbres équipages à cheval (ce qui n'était pas spécialement agréable, vu que les villes thailandaises sont des chaos de béton pas vraiment décoratifs), nous avons participé à deux enterrements, sommes allés à des sources chaudes avec cascade, à Chiang-Rai au Triangle d'Or (Laos - Birmanie - Thailande et le Mékong au milieu), ensuite à Mae Sai, ville-frontière entre la Birmanie et la Thailande et de ce fait un gigantesque marché avec de tout, vraiment de tout. Des fringues venues de Chine jusqu'aux bijoux d'or et de rubis sortis des mines laotiennes. Ces derniers étaient bien interessant, et on peut bien se séparer de 6 euros pour une chaîne en or sertie d'émeraudes.
À Chiang-Rai se trouvait aussi un temple du plus célèbre artiste thailandais en peinture boudhiste moderne (la Thailande n'a pas de véritable scène artistique qui intéressserait le commun des mortels), tout en blanc avec des miroirs argentés. Vraiment trés beau! Dans la "chapelle", je veux dire l'intérieur, Lena et moi avons en plus pu observer l'artiste au travail, pendant qu'il peignait des motifs grandioses à main libre sur le mur du fond.
Je dois aussi dire que mon père, que chacun connaît apparement et qui avait des entrées réduites un peu partout, nous a conduit avec deux copains policiers dans les montagnes, vraiment dans la montagne éternelle, où nous sommes allés dans des villages de montagne carabinés, et je ne parle pas de ces gens revêtus d'habits folkoriques pour les touristes tels qu'on en trouve dans le guide, non, des villages de montagne "authentiques" (expression bêtasse), où tout est encore fait maison, les vêtements tissés par les habitants et où on a vu, avec de la chance, un pilône électrique. Ouah! c'était vraiment une trés belle expérience. Et touuuuut en haut de la montagne nous avons visité une ferme de mandarines. Et au milieu de la forêt (vous vous en apercevez? je parle / écris comme un petit enfant qui raconte tout excité) il y avait une maison dont mon père connaissait le propriétaire, avec un paysage fabuleux, et puis! Et puis nous nous y installerons pour deux jours après le weekexchange de Lena chez moi, quand j'irai chez elle pour après aller ensemble au Midstay Camp. Au milieu du néant dans les montagnes. Bien bien.
Là aussi j'ai appris pas mal de choses. Pitié de soi, du style "c'est moi qui va le plus mal", est insignifiant, les autres ont autant de problèmes, ainsi que j'ai souvent pu constater même plus (je ne mentionne que le niveau de langue et essaie de ne pas marcher publiquement sur les pieds de Marvin ... tu sais comment j'veux le dire); en fait Lena n'avait encore jamais eu de problèmes avec sa famille trés interéssée (c'est vraiment le problème principal avec lequel nous, les AFS venus de l'Europe individualiste, nous battons constamment - manque d'intérêt et de communication ... c'est plutôt rare de grapiller un sérieux "c'était comment?"), mais justement quand j'étais là il y a eu la grosse crise, elle songeait déjà à changer de famille, le père ne rentrait plus à la maison (il restait au poste de de police, où chaque fonctionnaire a un "appartement" ... sans exigences, s'il vous plaît, nous sommes en Thailande), Lena ne savait pas ce qu'elle avait fait, et à la base il y avait une dispute entre les parents et le fait que le père de Lena avait perdu la face (une chose trés nulle ici).
En tout cas je sais maintenant que le weekexchange est une chose super et je me d'avance de sa venue en janvier.Pendant ma présence là-bas il nous est même venue à l'idée, comment ca serait si j'habitais aussi à Chae Hom... c'est vrai qu'à deux tout est beaucoup plus simple, surtout maintenant que nous sommes amis et que nous nous en sortons bien en thailandais et ne nous faisons plus trop remarquer en tant que "fallang".
Ensemble et pourtant en pleine année AFS. Maiiiiis toutes ces pensées ne sont que rêveries, je ne peux pas du jour au lendemain choquer tout les chers et les moins chers et dire "merci! c'était pas mal, mais là-haut dans le nord avec mes copains ca me plaît mieux."
C'est un fait que le Nord est trés différent, aussi en ce qui concerne le comportement, que l'Isaan. Ici (Isaan) tout est ...grossier. Je ne peux pas vraiment m'exprimer, les reflexions sur ce sujet ne sont pas encore tout à fait finies. Mais... bon, là.haut il y a du tourisme, beaucoup d'art et de belles choses, des arbres, et les gens se promènent même dans la nature. Chez nous c'est plutôt dénudé, et beaucoup plus pauvre etc... je sais pas, un peu obtus...Peut-être que ´j'y reviendrai un fois. Bouclons donc le week-exchange. De cette manière nous passons à un autre épisode de l'année; celle-ci se répartie en effet, de manière trés bizarre et sans qu'on le veuille en choses AFS (Arrival camp - COC - Massage - weekexch. etc). Bouf.
Je m'arrête? J'aimerai bien en raconter encore un peu, mais je ne voudrai pas vous ennuyer ni prendre de votre précieux temps de "aiaiaie -c'est-Noel ". Bon, ceux qui veulent arrêter maintenant vont rater le English-Camp...
Je suis donc rentré à la maison chargé de nouvelles choses, expériences, sensation et surtout beaucoup d'amusement avec une bonne amie - 2 jours plus tard que prévu, ma mère d'accueil (à Chae-Hom) avait fait rallonger mon exchange, car un festival avait lieu dans l'école de Lena.Je suis rentré jeudi, ma mère était durant ces journées (aussi au téléphone) assez gentille et pas de mauvaise humeur et négative. Peut-être parce qu'elle s'est apercu que c'était quand même sympa d'avoir Tino chez elle. À présent, deux semaines plus tard, je peux dire: beaucoup d'air chaud, elle est à nouveau aussi grognon qu'avant. Mais bon, mon année ne se compose pas juste de ma mère d'accueil, et je ne vais pas tout me gâcher à cause de ca! En ce moment j'en jouis à fond, et comme la semaine prochaine c'est Midstay (23 semaines), le sentiment que je n'ai plus assez de temps s'est faufilé et je mets tout ce que je veux encore réaliser sur papier pour éviter que ca se noie.
C'est un fait que cette semaine et la semaine prochaine mon calendrier est complet, en commencant par les répétitions de ballet des élèves pour le Christmas Play, en passant par la filature de la soir et la confection de cerfs-volants thailandais (c.v. en allemand: "dragon", Drache, d'où l'explication de tino qui suit n.d.t.)(le dragon dans l'air, pas celui avec un briquet dans la gorge). Voulez-vous connaître mon programme? Samedi apprendre à faire des Kannom-Krog (mmmmh!), chez ma prof de cuisine. Ensuite l'après-midi aller chez Aj. Sangwan, je peux apprendre à tresser des nattes pour s'asseoir chez sa voisine. Youpi!
J'ai des fils de soie dans ma poche, mais j'ai perdu celui de ce récit... ah oui. Jeudi je suis donc rentré, vendredi à l'école (trés bien, revoir mes amis thais et me débarasser de mes cadeaux-bricoles ... ah, encore une chose étrange qui faudra que je vous explique). Samedi en route pour le English-Camp. ENCORE une chose que je peux radier de ma liste interne d'expériences. C'était vraiment bien!
L'hôtel était fantastique, notre école est réputée pour ses English-Camps (en tout cas ils sont présentés chaque année dans le "Students-Weekly", le journal thai/anglais de Today). Marvin est finalement venu, il a fait toute la route, descendu d'abord de Chang-Rai à Bangkok et ensuite remonté avec P'Ahm vers Korath. P'Ahm aussi est venu parce que mon école était son ancienne école (vous vous souvenez, le volontaire AFS [USA 1999-2000] que j'ai rencontré à Bangkok avant le COC). A propos, j'ai appris qu'à l'époque il était "student of the year" de l'Isaan, une fois de plus la triste preuve qu'en Thailande seuls ceux qui ont du succès ou qui sont riches peuvent faire une année d'échange.
Marvin par contre ne peux toujours pas dire grand chose en thai, il a même du mal à dire "j'ai faim". Nous nous sommes bien amusés dans notre chambre commune (lui évidemment par terre [matelas), chez nous 3 c'est le runninggag que Marvin tire toujours la carte du fessier), mais je peux me relever un peu en marchant et je peux dire en regardant dans ce miroir que, malgré mes problèmes, je suis quand même suis un AFS bien rangé. N'ayez pas peur, j'ai abandonné la prétention exagérée, mais on a quand même le droit de se taper sur l'épaule.
Le camp était dirigé par nous, les fallangs. Le plus important était la (vraiment drôle) One-man-show de Kevin des Media-Kids (l'organisation des professeurs fallangs/étrangers), nous en tant qu'élèves étions aussi pris vraiment au sérieux (Lisa, clin d'oeil du côté de notre occupation du mercredi) et chacun avait un groupe. Ou plutôt, bon, on m'a donné mon groupe (on nous appelait les "Tiger-Tongue", s.v.p. ne me demandez pas pourquoi), Marvin aidait Ahm ... les professeurs thailandais par contre ... hmm, ils étaient assis dans un coin et ma mère a même quitté ce stage, cours prévu déjà il y a longtemps, (n'a lieu qu'une fois par an), car c'était le premier dimanche du mois et il lui fallait absolument aller au Wat Dammagei ... la plus grande tolérance religieuse ne m'empêche pas de me faire mes petites idées, et je souris sage comme une image.
Bref - heu. À la fin les gamins (bon bon, il y en avait même de plus âgés que moi, mais moi, au moins je portais un élégant t-shirt mauve, pas orange comme les élèves) se sont éclatés durant une "disco finale", et même pour le spectacle des talents, dont nous les AFS avons profité jusqu'à en vomir pendant les week-end en Allemagne, ils nous ont tous surpris, laissant de côté leur habituelle timidité et "surtout ne pas se faire remarquer"... nous avions même une petite souris (vraiment bonne), qui a chanté toute seule "my heart will go on". Il faut juste que tu leur donne l'ordre et comme ca ils ont une justification ne permettant aucun doute !
Blaaaaa. Est-ce-que j'en ai encore à dire? Oh si! Vous n'imaginez pas tout ce qui m'arrive ici. Ce sont surtout les petites choses, comme les éléphants dont j'ai parlé plus haut (rien d'habituel, une exception1), ou quand je passe la nuit chez ma prof dans son village loin de tout au milieu des champs; debout le matin à 4.30h ("comme d'hab") avec la grand-mère, allumer un petit feu sur un foyer dans la "cuisine" pour ..."steam" - comment on dit? du Kao Niau, du riz collant.
Filer des fils de soie avec une autre prof, chez sa voisine, à partir des vers et des cocons. Oui, je vais bel et bien commencer d'apprendre à tisser. Je ne suis pas sûr que ce que vous vous imaginez là-dessous soit correct (je ne doute pas de votre culture, mais j'ai parfois du mal à faire la différence entre ce qui est devenu si normal pour moi et ce que je ne pourrais même pas deviner si je n'étais pas vennu ici); il ne s'agit pas simplement d'apprendre à manier le métier à tisser, c'est juste une éspèce de cadre en bois. Il faut que j'apprenne à nourrir les vers, filer et ensuite, selon un procédé trés compliqué, teindre le fil de différentes couleurs sur certaines longueurs pour ensuite obtenir le motif choisi (je n'arrive toujours pas à m'imaginer comment on peut faire ca simplement par la force de l'imagination). Jusqu'à présent je n'ai fais que le simple tissage avec la mère de ma prof (celle qui vit en autarcie dans son village .. ils ne mangent que ce qu'ils ont semé ou font du troc avec les voisins), c'est à dire le moment où on doit mettre le fils coloré dans la bonne position. Elle produit le tissu pour ses propres besoins, mais aussi, ainsi que je l'ai appris maintenant, tous les magnifiques costumes de soie portés par tous les prof de cette province.
Et comme je m'apercois en tapant, j'écris dans un langage peu soigné et sans style. Une petite remarque en passant, pour que vous sachiez que je sais que ceci n'est pas l'usage liguistique habituel et utilisé de préférence. D'habitude ce texte est ma possibilté de m'épancher, ce qui permet à quelques petites expressions ("Salopettes" en allemand, n.d.t., voir la suite)
(ne prononcez pas à la francaise, ca prendrait un tout autre sens) de se glisser dans cette jungle de symboles noirs, qui ne sont tous que les pulsations électriques 1-0-1-1-0-... d'une machine, et qui pourtant pulvérisent tant de chaleur humaine. Comme vous voyez, je deviens gnangnan et commence à délirer. Depêchons-nous donc de s'arrêter à cet endroit et terminons cet épopée d'un mois d'expérience, je vous congédie dans la chaude luisance allemande de Noel et je vous envoie mes salutations distinguées.
D'ici Noel je redonnerai de mes nouvelles, je suis de nouveau à la maison.
Désolé, encore une petite bricole importante - je m'excuse auprès de tous ceux qui m'ont écris, dont j'aspirais les nouvelles avec bonheur et dont les signes de vie me réchauffaient ... mais auxquels je n'ai pas répondu. Les mails se font de plus en plus rares, Patty doit être assez fâchée, Carina contrariée, Lisa me connaît depuis assez longtemps pour être de mauvaise humeur. Je ne pouvais pas faire autrement, en échange je partage plus d'expériences; mais quand même, j'éspère que vous n'allez pas attrapper une vulgaire Ironitis.
Brassant dans l'éternel bourbier du monde
Tino
Encore! une ligne minimale, une petite manifestation, un petit coup de téléphone arabe - à la fin de cette semaine, et malgré mon hésitation, c'est la moitié de mon séjour. Mon calendrier jure par tous ses dieux qu'il ne ment pas, quelque soit le renâclement de mon mouvement d'horlogerie biologique qui veux me métronomer une autre mesure, et il ne me reste plus qu'à faire confiance à ce petit bout de forêt retravaillé.