Freitag, Dezember 01, 2006

Tout est bel et bien une illusion

A mes chers gardiens des routes natales, vous qui surveillez d'un oeil ou deux la bonne vieille culture du bercail européen - je vais à nouveau vous exposer les dernières évolutions sur les lointains rivages orientaux.
Débutons par le classement et la mention temporels des évènenments passés. Le week-end dernier (la semaine s'est déroulée comme d'hab de facon tout à fait banale, on se balance avec une habileté acrobatique dans les lianes du quotidien) s'est déroulé de la facon suivante, après quelques hauts et bas au niveau de l'organisation, un peu de bougonnement masqué/contenu de la part de ma mère d'accueil (je rappelle que je me trouve en thailande, où on ne traite SURTOUT pas les problèmes ouvertement) - la situation n'a (jusqu'à hier) pas trop changé, je ne savais toujours pas ce que je faisais de travers, je ne pouvais pas être sûr si elle était fâchée ou non, bien qu'elle m'envoie des regards froids et qu'elle ne me parle pas ou qu'elle ne me prête pas attention- :
samedi: je suis parti a 4 h du matin avec mon père et ma grand-mère (tous deux causants et manifestement affectueux envers moi) vers Nakhonrachasima, plus connu chez vous sous l'abréviation de "Khorat".En effet se trouve dans ladite province le wat de mon grand-père (maternel), qui y est moine depuis quelques années. Après 4 h de route j'ai constaté que ce wat faisait aussi parti de la Dammagei Organisation. Mon impression que ma mère, quelques soient les reproches qu'on pourrait lui faire, est quand même une femme assez libre, puisqu'elle se serait détachée de la croyance traditionnelle de ses parents et serait devenue une adepte du Dammagei par conviction, et aurait ainsi réalisé sa propre petite révolution contre les traditions sociales - bon bref: cette impression s'est aussi révélée incorrecte - elle n'était pas du tout une évadée de la chaîne d'absorption aveugle de la religion parentale, non, son père lui-même était Dammagei...
Bon. De toute facon ca ne me regarde pas. J'ai ainsi passé la matinée avec ma mamie et ma tante (dont j'ai donc pu faire connaissance - la plus jeune soeur de ma mère, trés gentille et bavarde. Elle me rappelle Thea) à préparer le repas des moines. Un véritable festin (comme cette organisation est assez riche, les conditions de vie des moines le sont aussi en comparaison avec d'autres moines!). Ensuite nous avons tous mangés avant 12h (les moines n'ont pas le droit de manger après midi).Mon grand-père est un homme sympathique, sa petite cabane (ca non plus ce n'est pas habituel, normalement il ya des dortoirs) à l'ombre de la paroi rocheuse bien confortable, mais bon. Je ne vais sans doute plus jamais le revoir...
Peut-être que vous aussi vous avez été saisis d'un petit étonnement - comment cela peut-il se faire, qu'il soit moine depuis 10 ans, qu'il ne sache pas "quand il revient chez lui" et ce que deviennent sa femme et ses enfants? Et bien je crois, mais je ne suis pas sûr, ma grand-mère est divorcée mais quand même: elle n'a pas eu d'autre choix que de le laisser partir. Et elle ne pouvait rien dire contre, c'est "au service du boudhisme au-dessus de tout" et en plus on ne montre pas ses sentiments etc... ca serait pas mon truc.
Cette journée a aussi pris fin, et à 17 h j'étais de retour à la maison.
Il avait déjà été prévu à l'avance que je dormirai chez Lynn. Après m'avoir observé ces dernières semaines, elle m'avait dernièrement écrit un SMS (elle se trouvait à Bangkok) pour me dire qu'elle était très attristée de constater que je n'était plus cet être radieux et lui semblait de plus en plus oppressé. Il fallait que je me dise que tout est relatif et que les problèmes ne m'affectent pas directement dans "ce que je suis". Bref elle m'avait invité à dormir chez elle pour prendre du recul et pouvoir observer les choses de facon plus précise.
Comme souvent ma mère était partie sans dire un mot (c'est pas que ce serait son devoir, c'est sa maison, ses règles, je ne suis pas dans la position d'exiger quoique ce soit), et il m'a donc fallu l'appeler par téléphone. J'ai empaqueté ma nouvelle que je devais maintenant partir de facon polie en posant la question "Dai mai?" (ai-je le droit?) Sa réponse, pour laquelle j'ai après trouvé en conversant avec Lynn une bonne désignation, était quand même bien "bitchy" et venimeuse. Elle a dit "Mai bpen lai" -"ca ne fait rien" ... je fais grâce d'une explication...
Bon. J'ai à présent trouvé un moule solide pour beaucoup de sentiments et de réflexions incomplètes. Pour débuter quelque chose qui demandera pas mal de lignes d'explication.Excusez-moi - mais ca n'apporte rien à personne de m'obliger à être bref et du coup de produire un texte aride et sans contenu.
Lynn me disais qu'elle avait réfléchi sur mon cas ces derniers jours. Elle avait pu observer comme je suis peu à peu passé de cette personne créative et pleine de caractère à quelqu'un qui devient de plus en plus calme et tranquille. J'y ai un peu réfléchi. Et elle a raison. A cause du processus d'adaptation je me suis peu à peu perdu moi-même.
Du fait qu'en thailande on opprime, quelque soient les circonstances, l'individualité et la particularité, le tempérament et la formation de caractère (ce n'est pas pour rien qu'il y a des uniformes scolaires, le "Jai Yen" [coeur réfrigéré], l'"overacting" de mes amis, la timidité absolue de tout un chacun et le fait qu'en principe tous sont égaux...) j'ai peu à peu cessé de me donner tel que je suis, d'être Moi-même. Le prix est tout simplement trop haut. Point numéro un: je resterai toujours un Fallang. Bien que ma tentative de m'intégrer soit louable et nécessaire, cela ne justifie pas le retroussement complet de ma personalité, d'autant plus que seule une période définitivement courte de ma vie est concernée. Point numéro deux: mes professeurs et tous mes amis etc m'ont justement ouvert leur coeur parce que je suis ce que je suis. En restant fidèle, dans cette situation, à mes idéaux d'affirmation audacieuse de sa personalité, d'individualité et de ne-pas-se-laisser-influencer-par-chaque-trend, je peux être comme une fenêtre pour tout ces gens ici, qui ne savent pas mieux et tout simplement ne connaissent rien d'autre. Une fenêtre qui leur montre comment ils pourraient être si ils voulaient bien être moins sévères et opprimeurs de sentiments. Je ne voudrais pas changer la culture (pour qui je me prends, s'il vous plaît?), juste ils pourraient voir que ca marche aussi autrement.
Et là c'est facile d' enchaîner sur le deuxième sujet - ici c'est un moment propice pour faire une petite plongée sous la surface. J'ai beau tourner et retourner les choses, j'ai beau observer cette "année" de perspectives différentes, il y a toujours un résultat en arrière-plan: ce n'est pas si important que ca. Cela ne rend pas les choses moins belles ou moins dignes d'être vécues. Mais il est de fait que cette année n'est qu'une petite excursion sur la route de ma vie, et donc il est inutile (pour en revenir à "être fidèle à soi-même") et ultérieurement juste triste pour moi d'essayer d'adapter ma personne entière aux circonstances d'ici. Comment d'ailleurs cela pourrait-il se réaliser en un an, alors que j'ai passé un incomparable plus grand nombre d'années à m'épanouir dans ma propre culture. Et on a beau affirmer que "les cultures sont toutes égales en droits", je ne peux m'empêcher d'éprouver que "nous" gérons mieux certains aspects de la vie que mes amis souvent naifs et coincés. Cela ne concerne que moi, et ainsi je m'accommode mieux et je pense seulement, au moment où des choses me hérissent trop ou se heurtent à mes valeurs éthiques "je fais comme tout le monde, et dans quelques mois je pourrai expliquer à d'autres personnes en quoi je trouvais ceci ou cela totalement inhumain..."
Bienbien. Et - alors? Pourquoi est-ce-que je ne traverse pas la ville en dansant et secouant des foulards - parce que de toute facon" ils ne me comprennent pas"? Comme je le fais (d'être "différent") , ils le comprendrons ... mais tout dans ses propres portions, la volonté de s'adapter et d'accepter ne se perds pas pour autant. De même qu'un somnifère pris en quantité équilibrée fait du bien, alors que pris en surdose il amène la mort.
Là je peux directement prendre référence à l'exemple d'une amie. Il ya donc cette fille de ma classe (elle fait aussi partie de ma clique) et je découvre en elle un talent qui pourrait en faire une super personalité, elle a un grand don théatral et est trés rigolote, mais je m'apercois qu'elle se tors souvent tout simplement de SAVOIR qu'elle n'a pas le droit de dire ou de vivre ceci ou cela, seulement parce que la convenance le lui interdit.
Bien, pour remonter de notre pêche dans l'océan et prendre une bouffée d'air - je me suis donc apercu que j'ai bel et bien perdu de plus en plus de moi-même et que je commence à devenir plus calme (je crois que ca vient peut-être de l'idée "de toute facon ils ne pourrons pas cerner qui je suis" et c'est donc à la base une sorte de mentalité injuste et présomptueuse du genre "ils n'en valent pas le coup").Et en même temps les thais m'aiment justement parce que je suis comme je suis.
Rien de bien important, mais cela vaut mieux de s'en être rendu compte. Nous nous ranimons donc comme d'habitude après un petit trou !
Voilà - c'est ce que j'avais à dire sur moi. Ainsi je l'ai écrit, je vais bien, mais comme joue la vie (que ce soit à la maison ou autre part), il arrive toujours de trouver un petit gravier qui fait trébucher sur son chemin (le "Stolperstein""caillou qui fait trébucher" est une expression allemande pour exprimer une entrave, une dfficulté n.d.t.). Ce qui cependant est extraordinaire, c'est qu'on peut observer ce caillou de côtés tout à fait différents. Tout d'abord nous avons la perspective des répercussions directes et des gens ou de la situation qui s'y rattachent. Dans ce cas nous devenons généralement mélancoliques et vu sur cette face notre gravier grandit et prends les dimensions d'un rocher bloquant la route. Inutile. Tournons-nous donc d'abord tranquillement vers le côté opposé. De là la pierre a plutôt l'aspect d'une aide, est là pour me montrer comment faire mieux la prochaine fois dans ma vie. Ca redonne du courage pour aborder la chose. Si on observe le "Stolperstein", le problème d'en haut et qu'on le voit dans son ensemble, on se rend compte de sa petite taille par rapport à notre personne, qui a déjà avancée sur ses propres jambes un bon bout de chemin sur la route de notre vie. De ce fait nous nous rendons non seulement compte de l'illusion qui nous prive fallacieusement de notre courage, non - on se sent tout de suite mieux, car on se rend compte de sa propre taille et de son autorité (puisque nous sommes propriétaires de notre route).
A partir de cette attitude fondamentale et de la possibilité de ne pas perdre la tête pour n'importe quoi, nous pouvons nous tourner vers le caillou sous forme de ma mère d'accueil. Après réflexions claires et avec l'aide de pensées stimulantes de Lynn nous en arrivons à la description de situation suivante:
Ma mère m'aime bien. Au début elle m'aimait beaucoup, sinon elle ne m'aurait jamais recueilli. De plus elle me montrait nettement son affection (ce qui m'a fait beaucoup de bien, puisque je suis une personne avide d'harmonie et d'amour). Sans doute suis-je à présent, dirons-nous, "gâté" et mes exigences sont trop hautes. Convenons que c'est simplement la facon de faire thai de ne pas démontrer plus nettement sa faveur. Continuons: je fais de mon mieux. j'essaie de toutes mes forces d'être complaisant et de suivre toutes les règles familiales qui sont conciliables avec mes propres besoins de base. Je suis un invité et ne peux donc pas exiger un trop grand espace de liberté. Ce qui au départ me rendait triste, je le ressens maintenant comme une possibilité d'apprendre. C'est dur d'être un invité, mais ca me prépare à beaucoup de situations. (Jusqu'à hier) je n'avais pas commis de trop grosse bêtise, et de même que ces expériences sont nouvelles pour ma mère (ce que je ne dois jamais oublier - pour elle aussi c'est sûrement difficile!), de même elles le sont pour moi, et je suis un humain, qui commet des erreurs.
Bien - quelle était la raison de ce "jusqu'à hier" entre parenthèses? Hier, lundi, j'avais ICT (cad internet...) J'avais déjà dépassé la durée régulière, mais ma prof avait encore besoin de mon aide sur MSN (et en tant que "thai" je ne peux vraiment pas refuser, même si ca tombe particulièrement mal de prêter cette aide - c'est toujours le solliciteur qui doit retirer sa demande de lui-même...) où tout se déroule en anglais. Bien. Je suis arrivé à la maison 16 minutes après l'heure la plus tardive (cad 18h), il faisait déjà sombre. Ma mère était fâchée, j'étais pleinement conscient de ma faute et ce que j'ai fait, c'est qu'après lui avoir présenté toutes les excuses possibles j'en ai rajouté aujourd'hui et je lui ai amené des fleurs prises sur le chemin de l'école. Même elle qui est une femme ardente et volontiers mauvaise ("mauvaise" dans le sens de "angry") ne peut résister à des fleurs...
Et voilà. Cet incident que l'on peut me démontrer sans que je discute est donc réglé. J'attends donc avec un coeur tranquille. J'essaie simplement de suivre les nombreuses (absurdes) règles selon le système "je suis dans leur ménage, je suis leurs règles", au moins ce que je peux concilier avec moi-même.Tout ce que je dois faire, le moins possible de ce qui me chagrine.
Une chose instructive, et qui pourrait être intéressante à apprendre, est que je n'ai pas le droit de répondre à ma mère (et mes profs et ma grand-mère...)Quand on me dit quelque chose, je ne peux pas comme à la maison me justifier et expliquer de facon abondante et soignée, je dois juste sourire et dire "I see". Je ne dis pas que j'acquiesce, et mon sourire fait partie de la catégorie sourire-thai "oui oui tu peux toujours parler". C'est pas plus compliqué que ca. D'après nos conceptions morales cela parait de mauvais goût, mais pourquoi ne pourrai-je pas utiliser les armes de la culture thai, si tout le monde ici le fait?
En ce qui concerne ma mère en tant que personne je doit absolument et de facon urgente retourner à un degré où je l'aime vraiment bien. C'est vrai que c'est souvent une femme ronchon, si on l'observe au travail par exemple elle fait toujours une mine grincheuse. Si Madame est de mauvaise humeur le matin, elle le fait sentir à tout le monde (sauf la très honorée grand-mère) dans la maisonnée et la fille ou le fils d'accueil se font criailler et harceler. Mais même si c'est vraiment très difficile de la faire sourire, il faut prendre en considération qu'elle se donne vraiment du mal. Oui, c'est même mon devoir de l'aimer quand on voit quel effort elle fait pour devenir un meilleure personne. Ce serait autre chose si elle se reposait sur son manque d'équilibre (qui vient peut-être, si on en croit la remarque polie d'un de mes jeunes profs, du changement d'hormones à son âge [42]). Elle s'efforce honorablement, médite et suis toutes les instructions de tous les moines qui sont eux-mêmes devenus de tels "meilleurs hommes". Il faut bien dire qu'elle n'exerce et n'enseigne pas la méditation parce qu'elle est elle-même un être harmonieux, mais parce qu'elle doit l'apprendre elle aussi. Je crois que tous ces moines, ecclésiastiques et prédicateurs -même si à la fin ils ont réellement atteind leur but et sont devenus des exemples- ne prêchent tout cela au fond que parce que ce sont des choses qu'eux même surtout doivent apprendre. Oui oui.
Bref - même si ma mère poursuit son but à l'aide de faux moyens (en suivant comme un petit mouton aveugle les instructions de ses Moines Supérieurs et de sa télévision, et en faisant ses exercices pour un meilleur caractère comme si elle mettait des croix sur une liste), il n'en reste que ce sont les seuls moyens qu'elle connaisse. Elle n'a jamais appris à se faire ses propres réflexions et à remettre les idéologies en question. Et c'est ainsi que tous les soirs elle récite la même phrase monotone, en réponse à la question du Supérieur "Yim laeo?" "avez-vous déjà sourit?" "Yim laeo" "déjà sourit"... et pourtant elle n'a pas plus sourit ce jour-là que je ne le ferai pendant un passage dans le hache-viande ... mais elle essaie. Et c'est cela qui doit me servir d'étalon.
Nous n'avons pas le droit de juger les gens d'après leurs succès, mais de facon primaire d'après leur volonté et leur effort.
Je vous congédie avec ces pensées,
je vous salue,
sentez-vous au plus chaleureusement serrés dans mes bras,
l'un ou l'autre recois aussi un petit bisou sur la joue,
la patrie dans la coeur est le bercail de l'âme -
je vous remercie de me donner une maison


Tino

2 Comments:

Anonymous Anonym said...

allez, moi, jme prend un bisous, mais sert moi pas tp longtemps...
bon,1 : mauvaises nouvelles, les pates ne sont pas parties ds le colis commun, j'essayerais de les glisser clandestinement si qqun d'autre te fais un colis (par ex papé et mamé) sinon, je les mettrais moi mm ds un ptit carton direct pour la thailande, mais ça risque de prendre un peu de tps...mais je sais deja quelles pates je te prend, tout les matins, je passe devant un magasin de pates artisanales à aix...
2: pour le pains et le fromage, sa va etre tres dur, maiss i tu veux du saussisson, ce serait plus facile...
3: j'espere que tu va bientot recevoir ton colis ^^

ta cousine Lucie, qui veut bien te preter un bout de son lit pour mettre ds ta maison..mais qd mm, prend pas tte la place...

18:59  
Blogger Clem said...

ta cousine clem qui a ton inverse se trouve dans un pays ou on manque vraiment de règles...

20:45  

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