la route glisse et s'eloigne - (chant de Bilbo)
Eh ben enfin! J'ai enfin réussi à me réserver un petit endroit tranquille et à trouver du temps.Eh oui, il s'est passé pas mal de choses chez votre cher (adjectif dont je présume avec espoir qu'il est correct) Tino, il y a eu quelques changements, mais tout va pour le mieux. Peut-être même encore plus que ca - comme on a sans doute remarqué, je suis en trés bonne forme - je ne m'attendais plus durant mon séjour ici à vivre une si longue période de bon temps, de bonheur et de satisfaction; par chance les yeux m'on été ouverts...
Bon, passons promptement au sujet:
Ca a donc commencé la semaine dernière:après avoir passé les 8 premières semaines quasiment dans une "famille de transit" (puisque malheureusement ca n'a pas été plus que ca), j'arrive enfin à mon lieu de destination, dans ma véritable famille d'accueil...
J'intercale encore un petite remarque: j'ai appris qu'AFS-thailande agit de la facon suivante pour les familles d'accueil: les formulaires des élèves et des familles sont rassemblés au Office, et après avoir été filtrés on adjoint une famille à un certain élève "qui convient" - je suis désolé, je ne voudrai pas paraître ingrat, mais avec moi ils étaient COMPLETEMENT à côté de la plaque. J'ai quand même l'impression qu'il résultait de toutes les descriptions (la mienne incluse) que j'étais actif et loquace (moi même je disais bien que peut-être "ma sociabilité casse de temps en temps les pieds aux autres"). Je ne peux donc comprendre que par une méprise le choix de me mettre dans une famille qui, dans les formulaires, était décrite comme "quiet".
Bon, peut-être que ca n'intéresse personne. Continuons donc avec l'importante description de ma situation (suit un jeu de mot intraduisible en francais, qu'il juge lui-même bête hmhm n.d.t.). Mardi les adieux avec ma famille temporaire n.1 se sont trés agréablement passés, chose étonnante et inattendue. Je me suis retrouvé après la classe face à une Mae' Noy déjà informée, et elle a dit "tu vas vivre à présent avec "Ajan"(prof)" - "oui, mais on reste amis, oke?" - Mai bpen rai - "Ca ne fais rien, c'est mieux comme ca".
Ouai, j'ai donc rassemblé mes affaires (en allemand "mes 7 affaires" voir la suite n.d.t.) (qui se sont transformées de facon effrayante durant ces derniers 2 mois en 70 affaires, pour rester dans la métaphore) et là aussi mon ex-maman d'accueil m'a aidé sans dire un mot. Le soir on est allé une dernière fois chez mon ex-grand-mère (que je n'ai jamais pu souffrir) pour prendre congé. Je vais leur manquer, je dois leur rendre visite, on reste amis - mais ce n'est qu'avec mon oncle boulanger et ma tante que ca a été vraiment touchant - j'ai toujours aimé ces gens amusants, douillets et chauds! Comme toujours nous étions tous seuls dans la boulangerie et nous avons travaillé, et il a médis (pas du tout facon thailandaise!) de sa (ma) famille ou au moins signalé en le soulignant qu'il comprenait pourquoi je ne pouvais pas y être heureux ... eux ils voudraient que j'aille les voir de temps en temps après l'école et pour le Nouvel An etc...
Pour finir on a fait un feu d'artifice dans le cercle de la famille (dans le style de Mae' Noy, donc rien de dangereux, donc: des pétards!) Tout allait pour le mieux!
Et pourtant - même si les adieux étaient beaux - je ne pouvais prendre de meilleure décision que celle de vivre où je suis maintenant. Je vais à présent essayer de vous mettre au fait:
notre maison est toujours en ville, mais à présent dans un de ces quartiers (la ville entière est composée de quartiers ...) J'ai ma propre chambre, ma soeur partage la sienne avec ma Yai (mamie), mes parents bien sûr sont ensembles. C'est une petite maison, ma Yai est bonne jardinière. Je vais mettre des photos.
Pour expliquer les conditions de vie ... bon, c'est pas vraiment chaotique, mais pas trop rangé. C'est pas dégueu, mais quand même pas trés propre. Je dois laver et repasser mon linge moi-même (j'ai du mal à être à jour pour cette dernière activité et j'ai pas encore trop le truc). Ensuite je dois passer la serpillière (laver par terre, ma pauvre soeur est responsable de la vaisselle - j'ai eu du pot!)
MA Yai est tout simplement époustouflante! Elle est tout le temps en train de me parler et nous faisons la cuisine ensemble et tout...et elle est, d'une manière vieille et calme, trop rigolote! J'aimerai que vous voyiez comme elle se moque de la facon dont je mets mon linge à sécher ... et elle est encore trés en forme pour ses 68 ans. Elle fait comme moi de l'aérobique tous les deux jours, mais autre part (avec de la musique rock-laos).
Bon - je ne pense pas pouvoir vous expliquer comment on vit ici - mais croyez-moi, tout est simplement ... merveilleux. Tout est si simple et naturel. C'est comme si je vivais chez de vieux amis ou comme si on se connaissait depuis toujours. Et pour eux c'est la même chose ... je n'ai donc plus l'impression d'être constamment évalué - nous pourrions déjà vivre depuis 8 mois ensembles comme famille d'accueil, nous aurions les mêmes rapports. En plus on partage tout - ou disons: autant qu'il en convienne pour une vraie famille.
Bref, j'ai assez écrits de mots vides - je vois bien que je ne peux pas vraiment vous décrire mes conditions de vie - mais au moins vous savez que je me régale. Ma Mae' aime voyager et même les visites de musées. C'est ainsi que nous nous sommes déjà un peu balladés, en combinaison avec des commandes de boulot de mon père (en fait il est co-directeur d'une école primaire à 12 km d'ici, mais en même temps il installe des antennes paraboliques pour le DMC / Wat Pratammagei Channel. Et pourtant il ne travaille pas beaucoup et est la plupart du temps à la maison une demi-heure après la fermeture de l'école).
Bon - voilà pour ca. Que dire encore? En ce moment j'ai la tête pleine de choses - je dois planifier mes vacances qui durent 4 semaines et, de manière effrayante, commencent déjà la semaine prochaine - durant la première semaine j'irai sans doute à Phuket (c'a s'est fait aujourd'hui) chez la soeur de ma prof Ajan Arunocha. Ensuite, si c'est encore permis par AFS, j'irai à Ayutaya où, après longues tergiversations, nous voulons tous nous retrouver (les copains d'AFS) et faire un camp de massage qui dure 10 jours. Après j'irai peut-être 3 jours à Bangkok avec Lynn (foreign-teacher, Simbaboué). Voilà, c'est à peu près tout ... ensuite je vais faire un Week-Exchange avec Lena (je dois m'excuser de tout mon coeur, mais je mélange constamment les noms de mes amis: donc, ma nouvelle Clem s'appelle LENA, Laura est une aussi bonne copine à Nan), et peut-être que j'irai aussi avec Lynn à Chiang-Mai et de là en Birmanie en décembre. On verra.
Oh, j'oubliais: internet! Bon, la simplicité c'est terminé - notre ordi ici à la maison a 12 ans (oui, pour Word ca suffit, c'est pour ca que j'y suit en ce moment), mais il n'est pas à la hauteur de mes exigences -à notre première rencontre il m'a envoyé une décharge pour me dire bonjour. On a pu remédier au problème - dans notre école, dans la salle ICT (ordis), j'ai à présent mon propre ordi, qui en fait est prévu pour un professeur. 2 fois par semaine (le mercredi et le lundi) j'ai inscrit 2 heures dans mon emploi du temps, mais j'y ai aussi bien accès quand je n'ai pas cours. Super-neuf, super-bien, super-génial. Et pourtant, à des jours comme aujourd'hui, ou au week-ennd, je n'y ai pas accès, donc pas d'internet: aujourd'hui c'est mercredi, mais pas classe.Ma mère m'a expliqué, " ce matin il y a eu une révolution (je pense que "manifestation" est plus correct) et bon, bref, tous les établissements d'état sont fermés aujourd'hui".
Bon je pense que pour l'instant c'était tout - si tout se passe comme prévu (ou plutôt, comme je l'ai organisé, j'ai un peu peur de ces vacances archi-remplies où les évènements inconnus se poursuivent) je n'irai plus dans l'internet pendant un moment - et plus non plus sur skype et je ne sais quoi encore -
Valentin-Tino
P.S. j'ai mantenant Tintin au Tibet en thailandais - comme je connais l'histoire par coeur, je pense bien pouvoir y exercer ma lecture.
P.S.S. je suis clairement armé pour rester ici encore un certain temps, parce-que j'ai à présent un certain soutien, même si je continue d'avoir mes petits soucis et downs (vous ne pouvez pas vous imaginer comme c'est énervant! On passe constamment d'une super forme à la déprime, dans cette situation instable tu passes ton temps à tomber d'un sentiment de bonheur à un trou)- malgré tout, ou peut-être à cause de ca je me réjouis d'avance du jour (et souvent j'ai des rêves animés ... j'étais déjà à la maison, deux fois à Giessen chez mes shakespeariens et chez divers autres) et du moment où je serai enfin de retour à la maison, chargé d'une quantité d'expériences que je pourrai partager. Et je me réjouis d'avance du trajet de l'aéroport à la maison, quand papa filera en trombe à 200 à l'heure (avec Cheb Khaled) sur l'autoroute ... les thailandais dépassent rarement les 80 à l'heure.
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Eh bien aujourd'hui jeudi, un jour après le putsch, je dois remettre quelques pendules à l'heure. Ce que je n'ai pas du tout réalisé hier (et vu la facon dont les thailandais on réagis, c'était pas facile de deviner) je le vois clairement aujourd'hui. Hier soir j'ai regardé DW (Deutsche Welle), mes parents aiment bien regarder la télé allemande (ils apprennent déjà des mots et des choses sur la culture allemande avec zèle ...). Bien - après les explications de ma mère hier je n'avais pas réalisé ce qui se passe ici. Et je n'aurai jamais cru (vu qu'ici ca a été pris avec placidité) que c'était le sujet N.1 dans le reste du monde!
Alors -Thaksin, premier ministre, a été chassé du pouvoir, il y a eu un putsch militaire. Hier nous n'avions pas cours.En ce qui concerne les thais ... aucune idée, ca ne les touche pas particulièrement, et, du moins c'est mon impression, ils ne se cassent pas trop la tête. En plus, avant le putsch, il n'y a pas eu dans les médias un TRAITRE mot prévoyant ce qui allait arriver - et des conflits comme ca ne se créent pas du jour au lendemain...
Alors - de quelle manière ca me touche personnellement? Juste par un fait ... c'est vrai, ici personne n'en parle, et c'est pas la peine d'avoir peur, ca ne va pas vraiment nous affecter. Mais pour une chose il y a des conséquences: les (grandioses) vacances à Phuket tombent à l'eau. La fille de ma prof vit au Japon et le gouvernement japonais ne permet pas les déplacements pour la Thailande, raison pour laquelle nous n'allons ni À Bangkok ni à Phuket. Pour ma prof Ajan Arun c'était un coup dur, car sa fille lui manque beaucoup (elle me l'a déjà dit souvent)... dommage dommage - mais nous rattraperons ca aux prochaines Grandes Vacances (à la fin de mon année, 10 semaines!)
Ensuite je vous dis encore ce que j'ai sur le coeur. En premier: c'est plus vraiment le mal du pays, mais j'ai quand même encore souvent la nostalgie de vous et de "là-bas" - ou je me réjouis de mon retour. A la télé DW-TV j'ai vu la journaliste dire les informations devant le Bundestag, et: les arbres sont tous rouges! COMMENT vous pouvez me faire ca! Moi qui adore l'automne; au moins je suis sûr que j'en profiterai d'autant plus l'automne prochain...
Encore quelque chose sur ce sujet: d'un côté je me réjouis bien sûr de mon retour. Mais - j'ai aussi peur. Peur de perdre tant de gens. Les Giessener, qui s'éparpillent avec leur bac, ...Samantha est un autre exemple - j'ai déjà souvent eu envie de lui écrire um mail en Alaska, mais je n'ose pas. J'ai une grande peur de devoir payer cher là-bas mes expériences d'ici.
Encore un truc (ceux qui n'ont plus envie de lire n'ont pas besion de se torturer - en dessous j'inscris ma nouvelle adresse, ce qui suit ne sont plus que mes pensées ...) Eh bien - c'est une découverte étrange - au fond on le sait tous, mais faites-vous la réflexion: quand on est heureux, on ne demande pas pourquoi. C'est que quand on a le cafard, et qu'on cherche des solutions, qu'on commence à demander un effort à notre tête et à réfléchir sur notre vie et les raisons de tout. Mais est-ce-que ce n'est pas complètement ingrat? Est-ce-que le bonheur n'a pas mérité le droit d'être considéré par nous avec le même respect? Et ne serai-ce pas une aide de se demander pourquoi nous sommes heureux, pour pouvoir se le remémorer dans les moments durs? Et pourtant nous avons peur, je m'en apercois surtout chez moi, peur de se demander pourquoi tout va bien, sans doute car nous pensons effaroucher le bonheur, ou détrousser la faveur de sa magie et de son efficacité. Il nous reste encore à éclaircir si nous enrichissont notre bonheur en l'analysant et en le dénominant, ou si nous ne le transformons pas par là en simple produit de pensée, translucide et désolant - mais qui ose prendre des risques en temps propices?
Voilà -et maintenant envoyez-moi en vacances - j'éspère avoir prochainement la possibilité d'aller sur internet. C'est bizarre d'imaginer comment pour moi un période incertaine et nouvelle commence, alors que vous allez comme toujours à l'école - bizarre. Que vous ne viviez pas ca avec moi... que vous ne soyiez pas là ...
Bien bien, mon adresse et après hop!
svp prendre l'adresse sur le texte allemand merci n.d.t.
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