Extraits de la vie d'un randonneur du monde
Eh voilà, c'est terminé!
Ainsi je me fais porter rentrant après une certaine absence. Il ne m'a pas été permis de vous rapporter plus tôt, à vous mes chers contemporains européens qui errent parmis les feuillages tombants, mes aventures et mes premières vacances à la thailandaise. Mais ne nous affligeons plus, mettons nous au boulot et "faisons un énorme effort" (celui qui a compris mon petit tuyau coquin aura cent point en caoutchou).
Comment on fait pour commencer, déjà? Ah oui, il était une fois...
Mes nouvelles expériences débutèrent il y a 4 semaines, bien qu'en fait ici ce soit chaque jour que je rencontre quelque chose de nouveau et d'enrichissant. A ladite période s'achevait en tout cas le semestre, affectueusement dénommé un truc comme "biterm" par les thais (sans doute pour dire Mid-Term).Durant une semaine, j'ai entretenu repos et littérature et je suis demeuré à la maison avec ma grand-mère ou je l'accompagnais au marché ou je faisais de la peinture ou autre chose. En effet il n'y avait personne chez nous, tous étaient à l'école pour passer les "final-tests", ce qui d'après ma prof-AFS (advisor) aurait été ennuyant pour moi, et c'est ainsi que je me suis tenu éloigné de l'école durant 5 jours et que j'ai apprécié l'oisiveté. C'était vraiment bien, j'avais beaucoup de temps pour moi et mes passions, mais au bout d'une semaine c'en était trop.C'est ainsi que la diversion appropriée est arrivée à point.Mon camp de massage m'attendait - nous sommes partis avec ma famille (papa, maman, enfant)(allusion à une expression allemande n.d.t) pour le Wat Dammagei (c'était le premier dimanche du mois), wat dont je vous ai déjà suffisament parlé. Et pourtant là aussi il y avait du nouveau à découvrir.Un jeune homme m'a demandé si je ne voulais pas être "volunteer". Comme je n'avais rien d'autre à faire, j'ai accepté, on m'a donné un uniforme blanc (à voir sur une des photos) et j'ai passé mon temps à saluer avec quelques nouveaux copains les arrivants dans le wat ou je donnais des sacs en plastique aux utilisateurs des toilettes (comme on enlève les chaussures en thailande dès qu'on pénètre dans une pièce, quand il y a foule on donne des sachets de plastique pour éviter de perdre ses chaussures.) Dimanche après-midi nous nous sommes rendus à la province voisine Ayutthaya, peut-être que certains se rappellent - l'ancienne capitale de la thailande. C'est là que mes parents m'ont laissé à l'école de massage.
Informations générales sur les "camps":
AFS propose durant notre séjour différentes activités facultatives.C'est ainsi que l'on peut s'inscrire à un camp de massage thai ou de méditation. En plus il y a ce qu'on appelle le "week-exchange" pendant lequel on "rend visite" un autre AFS quelque part en thailande.
Je m'était concerté avec mes 4 meilleurs amis AFS pour réaliser ce camp de 10 jours pendant la première semaine des vacances.Il y avait dans le coup Isa, Laura, Anne et Lena ("le club des cinq") et 3 italiens, Daniela, Nicolo et Malaika (sur laquelle j'ai encore à dire). En plus il y avait Niels, en fait des Pays-Bas mais réside en ce moment en Belgique.Pour éviter les incompréhensions je précise que Daniela (qui est en passant championne italienne en latin-dance) et Niels sont copains.
Ils arrivèrent tous les uns après les autres.
Notre école était un salon de massage qui propose parallèlement des cours, suivis entre autres depuis quelques années par AFS. Notre "dormitorium" était un bâtiment à côté de l'école composé de quelques chambres vides (vraiment vides, à part 3 matelas pour nous 5) et quelques salles de bain (WC-thailandais et une pomme de douche au mur). Donc en fait tout parfait pour les aventuriers que nous sommes. Dans les jours qui suivirent nous passions 6 heures à apprendre le massage thailandais, ce qui nous valut à tous de magnifiques courbatures. En effet il ne s'agit pas comme on pourrait l'imaginer "d'un peu appuyer sur les bons endroits" dans le massage thai, c'est plutôt un acte médical et il comporte (pour le masseur comme pour son client) une grande partie de gymnastique. Et cependant ca ne rate pas son effet et je pourrai volontiers vous en faire profiter - plus tard.
Notre groupe (ici un jeu de mots intraduisible n.d.t.) s'est tranformé peu à peu en véritable communauté et assez vite nous nous sommes lassés de l'éternel "aller-au-marché-chercher-à-manger" (car nous devions subvenir nous-même à nos besoins) et sommes allés au "Teso-Lotus" (une des plus grandes chaînes de super-marchés en taihlande) pour acheter une cocotte à riz pour 300 bahts, du mais en boîte et du thon.Ainsi se déroulèrent nos journées avec des sessions de cuisine le soir (mais oui, on peut vraiment faire une omelette dans la cocotte à riz et même des saucisses en sortent mangeables). En somme nous nous sommes bien amusés et chaque jour après les cours nous faisions quelque chose d'autre.
Oh, j'oubliai - Aana, japonaise de "Wave 1" (départ d'hiver) a aussi participé aux cours, mais sa famille habitant Ayutthaya même, elle n'a pas couché ... pardon, dormi avec nous.(remarque en passant, les thais demandent souvent dans leur mauvais anglais pour savoir si on a passé la nuit chez quelqu'un: "did you sleep with her?")
Dimanche nous n'avions pas cours et avons décrété d'en faire une journée bpai-thiau-travell (visites/tourisme). Accompagnés de Su-Au, un allemand (qui a des parents taiwanais) copain d'Anne et qui voyage en ce moment en thailande, nous nous sommes mis en route dimanche de bonne heure, avons loué des vélos pour la journée pour 35 bahts (pas un Euro) et avons exploré le Historical Park, l'île avec les ruines de l'ancienne capitale.Une belle journée, et nous nous sommes même permis d'être de vrais touristes et de faire des choses comme monter sur un éléphant etc. Bref, on s'est bien amusé!
Je n'ai encore rien raconté de Malaika - elle habite Milan mais son père est francais, et c'est ainsi qu'elle fait parti avec moi, Elisa (belgique) Luise (allemande qui a vécu 3 ans en france) et Olivier (le seul "vrai" francais) de notre "Groupe de Francais" (en francais dans le texte, n.d.t). Nous sommes trés bons amis, elle est invraisembalblement gentille et douce.Cependant il n'existe en italie que la possibilité de partir pour 6 mois, et donc elle va nous quitter dès le mois de décembre.
Nous nous sommes mis d'accord pour rester en contact et comme elle ne connait de la france que Montpellier, elle viendra en train chez ma mamé à Pertuis.
Super - je me suis à nouveau beaucoup trop attardé! C'est donc ainsi que se sont passées les 2 premières semaines. A la fin de notre formation nous avons pris le train pour Bangkok (pas trop différent du train régional chez nous, mais sans exploiter outrageusement - nous avons payé 40 centimes pour le trajet vers la capitale) où nous avons fini la journée ensemble, buvant un café à Starbucks, ensuite nous avons pris congé (avec certains pour toujours), je suis allé chez Lynn qui se trouvais aussi à Bangkok à ce moment-là, je l'ai retrouvée dans son hôtel.
Oh - et là je peux justement contribuer à partager une petite expérience - c'est incroyablement facile de faire connaissance de gens. Je m'en suis apercu par exemple sur le marché voisinant notre école de massage, où un jeune marchand nous a demandé (plutôt pour blaguer) si on ne voulait pas manger avec eux. Nous avons continué notre chemin en souriant et en prononcant quelques formules thai. Tout d'un coup Lena et moi nous sommes simultanément retournés et nous sommes exclamés "et pourquoi pas?" Et c'est ainsi que nous nous vîmes partager nos commissions et manger avec ces gens en conversant gentiment. La deuxième fois s'est passée à Bangkok, où nous avons rencontré dans le Seven-Eleven, à côté de l'hôtel de Lynn, un jeune couple irlandais qui avait du mal à acheter des cigarettes. Des papotages polis se transformèrent en conversation, et à la fin c'est une jeune famille danoise et ce couple qui nous ont tenus compagnie.
Oui oui - deux belles journées se sont passées, je suis allé en Klong (bateau sur le canal) dans Bangkok, pour finalement me retrouver avec le bus à la maison.
Lorsque j'ai parcouru le dernier bout de chemin du temple chinois à la maison (le chauffeur du bus m'avait gentiment fais sortir là), j'ai été interpellé par plusieurs (in-)connus de mon école, on m'a salué et observé. Comme toujours - c'est vraiment agréable d'être à la maison!
En ce qui concerne les jours suivants, j'ai un petit trou de mémoire. Ce qui est sûr, c'est qu'un samedi matin à 5 heure j'ai fais une heure de jogging. Les champs de riz embués de brume rayonnaient de paix, et le soleil élevait sa tête rouge au-dessu des troupeaux de nuages en un spectacle dont je n'aurai pensé que ca n'existe que dans les documentations sur de lointaines régions sauvages.
Faisons un petit saut. Lundi, 3ème semaine de vacances. Je me trouve à la gare routière de ma petite ville. Ma Oma et ses amies attendent avec moi. Mon bus arrive à 10.30, une des amies, une sénior thai trés gentille et modeste, me tient compagnie durant le trajet vers Udon Thani, une province du nord-ouest de la thailande. Je vais passer les 5 jours qui viennent chez la cousine d'une prof d'anglais, et elle et son fils, qui est en congé de la fac, vont me faire faire le tour du coin. Comment j'en suis arrivé là? Eh bien - c'est ca la thailande. Et ici tous se réjouissent de recevoir un jeune fallang (éranger blanc), quand on y met la grosse portion d'hospitalité habituelle ici et quelques "connections" (anglais, n.d.t.) ca va trés vite. Je ne savais pas où j'en étais quand ma prof m'a dernièrement demandé si j'avais envie d'aller passer quelques jours chez ses parents à Udon Thani, elle y avait aussi emmené Victoria.
Comme je n'avais pas envie de m'ennuyer durant ma dernière semaine de vacances, pendant laquelle en plus mes parents partaient au vietnam, j'ai accepté. Toutefois j'avais un peu la pétoche jusqu'à mon départ.Qu'est-ce-que ca allait donner cette fois-ci? Personne ne parle anglais là-bas, mon thai allait-il suffir aux besoins? Vont-ils me vouloir trimbaler partout pour me montrer: "eh, on a un allemand chez nous"...
Comme déjà souvent, là aussi j'ai pu constater qu'il est tout à fait inutile d'avoir une certaine attente de quelque chose dont on a aucune notion. Tout a été très sympa, ladite cousine était très gentille, mon thai en an encore appris mais était bien suffisant et c'est ainsi que j'ai pu découvrir encore d'autres aspects de la thailande. J'ai été dans des hôpitaux (le père avait un cancer et doit aller régulièrement à l'hôpital), j'ai passé dormi chez la dame qui s'occupait de moi Ba Lek (la cousine) dans un village, vécu dans une maison thai en bois à pilotis - et je dois dire que c'est trés agréable.Quand le soir des rayons de lumière venus d'en bas traversent les planches du sol de ta chambre, et tout est aéré et sent le bois. Bien sûr ce n'est pas super-beau, comme j'ai déjà expliqué, les thais n'y attachent pas beaucoup d'importance.
Bon, en gros c'était tout.Je dois dire que j'ai beaucoup entrepris et il en est résulté ... oui, à nouveau plein d'expériences et d'aventures.
Il s'est passé encore une chose qui a couronné le tout - à mon retour, le vendredi 20, je suis allé avec ma Oma chercher un paquet ardemment attendu à la poste (qui je le dis en passant a un service impossible et trés chaotique) - mes parents et quelques amis m'avaient envoyé un paquet. c'était tout simplement juste magnifique à 100%. Je n'ai quand même pas commencé à pleurer, mais j'ai réparti les feuilles d'automne autour de moi, je me suis fais une tisane de tilleul (en francais dans le texte, n.d.t.), j'ai étudié et écris des lettres, j'ai commencé à bouquiner de la philosophie et Jane Austen et mâché des Riesen (bonbons au caramel, n.d.t.) Merci beaucoup à tous! Oma, merci pour le café, Nic grâce à ta confiture mon riz au lait (qui est trés facile à réaliser avec la cocotte à riz et un peu de lait)était délicieux, Maria tes descriptions de chez nous m'ont fait respirer et Ann-Kathrin m'a quand même rendu un peu nostalgique - mais je rentre bientôt, car -et maintenant suit une bonne nouvelle - un incroyable premier tiers de mon séjour est déjà passé! Pour moi c'est vraiment passé follement vite et je n'aurai jamais imaginé, durant les premiers mois tourmentés, que le temps apprendrai bel et bien à voler.
Aujourd'hui c'est lundi, ce qui signifie que je viens de skyper (téléphoner par internet) avec maman. Elle m'a filé une indication que j'essaye de suivre. Vous savez, comme pour moi ici tant de choses sont devenues si normales, si omniprésentes et au fond "inutiles de les contester ou de s'en étonner" que j'en ai complètement oublié de vous décrire un peu la vie ici.
Par exemple le fait que je mange par terre avec ma famille. Depuis peu (maman les a envoyés en cadeau avec le paquet) nous possédons des sets de table, qui peut-être stopperont un peu les fourmis, on verra si ma mère les utilise.
oui, et les fourmis - bon, c'est aussi la normalité. Régulièrement le soir j'en ai une qui se promène sur ma brosse à dent, et quand je l'ai raconté à maman et que sa réaction (compréhensible) fut "beh", j'ai réalisé que c'est vraiment quelque chose qui pourrait m'énerver si j'arrivais directement d'allemagne en asie.
A présent encore quelques pensées longuement entretenues sur les thais en général.
Ce sont des gens avec une grande bonté de coeur, ou au moins ils ne mentent pas et ne veulent pas du mal aux autres. Par contre ils sont habituellement extrêmement (excusez-moi, j'ai un jugement sévère, mais ce sont mes observations les plus franches et sans préjugés) superficiels. Ca colle avec la remarque que j'ai déjà enoncée sur le fait que tout pouvait partir en morceaux après première utilisation, pourvu que ca ai encore un aspect pimpant et "en bon état". Je pourrai m'appesantir encore longtemps sur ce sujet, cependant je ne voudrai pas vous ennuyer ou blesser quelqu'un. J'ai mes arguments, mais je vous en ferai part personnellement plus tard. Comme pour la plupart des choses - car j'ai vraiment du mal à vous expliquer tout ce qu'on pourrait savoir en passant par l'écriture.
Bref - peut-être encore une affreuse habitude ou un usage (je ne veux vraiment pas me plaindre, j'ai appris à vivre avec, mais j'aimerai quand-même vous en plarler). Les thais ne connaissent pas la coutume d'attendre que les gens aient fini de parler.Tu es au milieu d'une discussion captivante avec Lynn ou Jenny, et pourtant tu es constamment interrompu par une Ajan Gai ou Kru Nu qui n'ont qu'une futilité ou un souhait à exprimer. Je l'ai dis, on s'y habitue, mais au début je prenais ca régulièrement pour un affront. Oh, et est-ce-que je vous ai déjà raconté que roter ou péter, c'est pas un problème? Au début je n'étais jamais trés sûr, et je ne voulais pas être impertinent et demander - jusqu'au jour où ma première mère d'accueil s' assit à table pendant que j'étais à l'ordinateur et en présence de toute la famille permit à ses intestins de s'aérer. Oui, depuis je le sais -
Au fond j'en ai assez dis. Je vous torture sûrement, mais ho! Sauf quelques-uns je n'exige de personne qu'il subisse ca!
Je voudrai quand même mentionner comment je vais.Je ne pense pas que grand chose change dans la période qui vient. Eh bien - on pourrait l'exprimer de la facon suivante: je trouve ca tout à fait "OK" d'être ici. Ce n'est évidemment pas une continuelle fête, car moi aussi j'ai appris à vivre ici. C'est beau et je me réjouis d'avance en pensant à toutes les aventures que j'aurai le droit de vivre sur mon chemin ici, donc c'est tout simplement absolument "juste" (donc OK) d'être là.Et si on veut aussi les prochaines 29 semaines.Et quand même je n'attends rien avec autant de plaisir que le jour où je me retrouverai à l'aéroport de Francfort et où je pourrai tracer sur l'autoroute à 220 /h avec papa. Je pense avec bonheur à mon premier bain (ca n'existe pas ici), au prochain automne, à la prochaine fois "enfin" de nouveau à Paris, au premier petit déjeuner au tofu grillé chez les Pfeiffer , à mon premier cours d'histoire où j'ai le droit de participer (ici en thailande: cours ex-cathedra) et la première soirée tranquille chez Nic. La première party chez Lisa, le premier dîner devant la télé à la maison, avec un coq au vin et des pommes de terre. Mais tout ceci n'est pas pour tout de suite, et c'est exactement ca qui est juste et correct.On a justement besoin de ces quelques semaines d'absence pour apprécier les choses. Comme l'a si bien dit Terry: parfois le chemin facile n'est pas le meilleur.
Je vous quitte avec ce message, ne croyez pas que ca me déplairait d'avoir de vos nouvelles et ne vous sentez pas contraints de m'écrire ... heuheu
(Phrase intraduisible d'un poète allemand n.d.t.)
Au revoir, les amis (en francais dans le texte, n.d.t.)
Valentin
PS.: j'ai enfin pu me débarasser de mon surnom thai pourri "dthoen". Cependant les thais on plus de facilité à prononcer "No" au lieu de "Tino", ce qui fait que ma mère et mes copains continuent encore à jouer avec mon prénom.
Ainsi je me fais porter rentrant après une certaine absence. Il ne m'a pas été permis de vous rapporter plus tôt, à vous mes chers contemporains européens qui errent parmis les feuillages tombants, mes aventures et mes premières vacances à la thailandaise. Mais ne nous affligeons plus, mettons nous au boulot et "faisons un énorme effort" (celui qui a compris mon petit tuyau coquin aura cent point en caoutchou).
Comment on fait pour commencer, déjà? Ah oui, il était une fois...
Mes nouvelles expériences débutèrent il y a 4 semaines, bien qu'en fait ici ce soit chaque jour que je rencontre quelque chose de nouveau et d'enrichissant. A ladite période s'achevait en tout cas le semestre, affectueusement dénommé un truc comme "biterm" par les thais (sans doute pour dire Mid-Term).Durant une semaine, j'ai entretenu repos et littérature et je suis demeuré à la maison avec ma grand-mère ou je l'accompagnais au marché ou je faisais de la peinture ou autre chose. En effet il n'y avait personne chez nous, tous étaient à l'école pour passer les "final-tests", ce qui d'après ma prof-AFS (advisor) aurait été ennuyant pour moi, et c'est ainsi que je me suis tenu éloigné de l'école durant 5 jours et que j'ai apprécié l'oisiveté. C'était vraiment bien, j'avais beaucoup de temps pour moi et mes passions, mais au bout d'une semaine c'en était trop.C'est ainsi que la diversion appropriée est arrivée à point.Mon camp de massage m'attendait - nous sommes partis avec ma famille (papa, maman, enfant)(allusion à une expression allemande n.d.t) pour le Wat Dammagei (c'était le premier dimanche du mois), wat dont je vous ai déjà suffisament parlé. Et pourtant là aussi il y avait du nouveau à découvrir.Un jeune homme m'a demandé si je ne voulais pas être "volunteer". Comme je n'avais rien d'autre à faire, j'ai accepté, on m'a donné un uniforme blanc (à voir sur une des photos) et j'ai passé mon temps à saluer avec quelques nouveaux copains les arrivants dans le wat ou je donnais des sacs en plastique aux utilisateurs des toilettes (comme on enlève les chaussures en thailande dès qu'on pénètre dans une pièce, quand il y a foule on donne des sachets de plastique pour éviter de perdre ses chaussures.) Dimanche après-midi nous nous sommes rendus à la province voisine Ayutthaya, peut-être que certains se rappellent - l'ancienne capitale de la thailande. C'est là que mes parents m'ont laissé à l'école de massage.
Informations générales sur les "camps":
AFS propose durant notre séjour différentes activités facultatives.C'est ainsi que l'on peut s'inscrire à un camp de massage thai ou de méditation. En plus il y a ce qu'on appelle le "week-exchange" pendant lequel on "rend visite" un autre AFS quelque part en thailande.
Je m'était concerté avec mes 4 meilleurs amis AFS pour réaliser ce camp de 10 jours pendant la première semaine des vacances.Il y avait dans le coup Isa, Laura, Anne et Lena ("le club des cinq") et 3 italiens, Daniela, Nicolo et Malaika (sur laquelle j'ai encore à dire). En plus il y avait Niels, en fait des Pays-Bas mais réside en ce moment en Belgique.Pour éviter les incompréhensions je précise que Daniela (qui est en passant championne italienne en latin-dance) et Niels sont copains.
Ils arrivèrent tous les uns après les autres.
Notre école était un salon de massage qui propose parallèlement des cours, suivis entre autres depuis quelques années par AFS. Notre "dormitorium" était un bâtiment à côté de l'école composé de quelques chambres vides (vraiment vides, à part 3 matelas pour nous 5) et quelques salles de bain (WC-thailandais et une pomme de douche au mur). Donc en fait tout parfait pour les aventuriers que nous sommes. Dans les jours qui suivirent nous passions 6 heures à apprendre le massage thailandais, ce qui nous valut à tous de magnifiques courbatures. En effet il ne s'agit pas comme on pourrait l'imaginer "d'un peu appuyer sur les bons endroits" dans le massage thai, c'est plutôt un acte médical et il comporte (pour le masseur comme pour son client) une grande partie de gymnastique. Et cependant ca ne rate pas son effet et je pourrai volontiers vous en faire profiter - plus tard.
Notre groupe (ici un jeu de mots intraduisible n.d.t.) s'est tranformé peu à peu en véritable communauté et assez vite nous nous sommes lassés de l'éternel "aller-au-marché-chercher-à-manger" (car nous devions subvenir nous-même à nos besoins) et sommes allés au "Teso-Lotus" (une des plus grandes chaînes de super-marchés en taihlande) pour acheter une cocotte à riz pour 300 bahts, du mais en boîte et du thon.Ainsi se déroulèrent nos journées avec des sessions de cuisine le soir (mais oui, on peut vraiment faire une omelette dans la cocotte à riz et même des saucisses en sortent mangeables). En somme nous nous sommes bien amusés et chaque jour après les cours nous faisions quelque chose d'autre.
Oh, j'oubliai - Aana, japonaise de "Wave 1" (départ d'hiver) a aussi participé aux cours, mais sa famille habitant Ayutthaya même, elle n'a pas couché ... pardon, dormi avec nous.(remarque en passant, les thais demandent souvent dans leur mauvais anglais pour savoir si on a passé la nuit chez quelqu'un: "did you sleep with her?")
Dimanche nous n'avions pas cours et avons décrété d'en faire une journée bpai-thiau-travell (visites/tourisme). Accompagnés de Su-Au, un allemand (qui a des parents taiwanais) copain d'Anne et qui voyage en ce moment en thailande, nous nous sommes mis en route dimanche de bonne heure, avons loué des vélos pour la journée pour 35 bahts (pas un Euro) et avons exploré le Historical Park, l'île avec les ruines de l'ancienne capitale.Une belle journée, et nous nous sommes même permis d'être de vrais touristes et de faire des choses comme monter sur un éléphant etc. Bref, on s'est bien amusé!
Je n'ai encore rien raconté de Malaika - elle habite Milan mais son père est francais, et c'est ainsi qu'elle fait parti avec moi, Elisa (belgique) Luise (allemande qui a vécu 3 ans en france) et Olivier (le seul "vrai" francais) de notre "Groupe de Francais" (en francais dans le texte, n.d.t). Nous sommes trés bons amis, elle est invraisembalblement gentille et douce.Cependant il n'existe en italie que la possibilité de partir pour 6 mois, et donc elle va nous quitter dès le mois de décembre.
Nous nous sommes mis d'accord pour rester en contact et comme elle ne connait de la france que Montpellier, elle viendra en train chez ma mamé à Pertuis.
Super - je me suis à nouveau beaucoup trop attardé! C'est donc ainsi que se sont passées les 2 premières semaines. A la fin de notre formation nous avons pris le train pour Bangkok (pas trop différent du train régional chez nous, mais sans exploiter outrageusement - nous avons payé 40 centimes pour le trajet vers la capitale) où nous avons fini la journée ensemble, buvant un café à Starbucks, ensuite nous avons pris congé (avec certains pour toujours), je suis allé chez Lynn qui se trouvais aussi à Bangkok à ce moment-là, je l'ai retrouvée dans son hôtel.
Oh - et là je peux justement contribuer à partager une petite expérience - c'est incroyablement facile de faire connaissance de gens. Je m'en suis apercu par exemple sur le marché voisinant notre école de massage, où un jeune marchand nous a demandé (plutôt pour blaguer) si on ne voulait pas manger avec eux. Nous avons continué notre chemin en souriant et en prononcant quelques formules thai. Tout d'un coup Lena et moi nous sommes simultanément retournés et nous sommes exclamés "et pourquoi pas?" Et c'est ainsi que nous nous vîmes partager nos commissions et manger avec ces gens en conversant gentiment. La deuxième fois s'est passée à Bangkok, où nous avons rencontré dans le Seven-Eleven, à côté de l'hôtel de Lynn, un jeune couple irlandais qui avait du mal à acheter des cigarettes. Des papotages polis se transformèrent en conversation, et à la fin c'est une jeune famille danoise et ce couple qui nous ont tenus compagnie.
Oui oui - deux belles journées se sont passées, je suis allé en Klong (bateau sur le canal) dans Bangkok, pour finalement me retrouver avec le bus à la maison.
Lorsque j'ai parcouru le dernier bout de chemin du temple chinois à la maison (le chauffeur du bus m'avait gentiment fais sortir là), j'ai été interpellé par plusieurs (in-)connus de mon école, on m'a salué et observé. Comme toujours - c'est vraiment agréable d'être à la maison!
En ce qui concerne les jours suivants, j'ai un petit trou de mémoire. Ce qui est sûr, c'est qu'un samedi matin à 5 heure j'ai fais une heure de jogging. Les champs de riz embués de brume rayonnaient de paix, et le soleil élevait sa tête rouge au-dessu des troupeaux de nuages en un spectacle dont je n'aurai pensé que ca n'existe que dans les documentations sur de lointaines régions sauvages.
Faisons un petit saut. Lundi, 3ème semaine de vacances. Je me trouve à la gare routière de ma petite ville. Ma Oma et ses amies attendent avec moi. Mon bus arrive à 10.30, une des amies, une sénior thai trés gentille et modeste, me tient compagnie durant le trajet vers Udon Thani, une province du nord-ouest de la thailande. Je vais passer les 5 jours qui viennent chez la cousine d'une prof d'anglais, et elle et son fils, qui est en congé de la fac, vont me faire faire le tour du coin. Comment j'en suis arrivé là? Eh bien - c'est ca la thailande. Et ici tous se réjouissent de recevoir un jeune fallang (éranger blanc), quand on y met la grosse portion d'hospitalité habituelle ici et quelques "connections" (anglais, n.d.t.) ca va trés vite. Je ne savais pas où j'en étais quand ma prof m'a dernièrement demandé si j'avais envie d'aller passer quelques jours chez ses parents à Udon Thani, elle y avait aussi emmené Victoria.
Comme je n'avais pas envie de m'ennuyer durant ma dernière semaine de vacances, pendant laquelle en plus mes parents partaient au vietnam, j'ai accepté. Toutefois j'avais un peu la pétoche jusqu'à mon départ.Qu'est-ce-que ca allait donner cette fois-ci? Personne ne parle anglais là-bas, mon thai allait-il suffir aux besoins? Vont-ils me vouloir trimbaler partout pour me montrer: "eh, on a un allemand chez nous"...
Comme déjà souvent, là aussi j'ai pu constater qu'il est tout à fait inutile d'avoir une certaine attente de quelque chose dont on a aucune notion. Tout a été très sympa, ladite cousine était très gentille, mon thai en an encore appris mais était bien suffisant et c'est ainsi que j'ai pu découvrir encore d'autres aspects de la thailande. J'ai été dans des hôpitaux (le père avait un cancer et doit aller régulièrement à l'hôpital), j'ai passé dormi chez la dame qui s'occupait de moi Ba Lek (la cousine) dans un village, vécu dans une maison thai en bois à pilotis - et je dois dire que c'est trés agréable.Quand le soir des rayons de lumière venus d'en bas traversent les planches du sol de ta chambre, et tout est aéré et sent le bois. Bien sûr ce n'est pas super-beau, comme j'ai déjà expliqué, les thais n'y attachent pas beaucoup d'importance.
Bon, en gros c'était tout.Je dois dire que j'ai beaucoup entrepris et il en est résulté ... oui, à nouveau plein d'expériences et d'aventures.
Il s'est passé encore une chose qui a couronné le tout - à mon retour, le vendredi 20, je suis allé avec ma Oma chercher un paquet ardemment attendu à la poste (qui je le dis en passant a un service impossible et trés chaotique) - mes parents et quelques amis m'avaient envoyé un paquet. c'était tout simplement juste magnifique à 100%. Je n'ai quand même pas commencé à pleurer, mais j'ai réparti les feuilles d'automne autour de moi, je me suis fais une tisane de tilleul (en francais dans le texte, n.d.t.), j'ai étudié et écris des lettres, j'ai commencé à bouquiner de la philosophie et Jane Austen et mâché des Riesen (bonbons au caramel, n.d.t.) Merci beaucoup à tous! Oma, merci pour le café, Nic grâce à ta confiture mon riz au lait (qui est trés facile à réaliser avec la cocotte à riz et un peu de lait)était délicieux, Maria tes descriptions de chez nous m'ont fait respirer et Ann-Kathrin m'a quand même rendu un peu nostalgique - mais je rentre bientôt, car -et maintenant suit une bonne nouvelle - un incroyable premier tiers de mon séjour est déjà passé! Pour moi c'est vraiment passé follement vite et je n'aurai jamais imaginé, durant les premiers mois tourmentés, que le temps apprendrai bel et bien à voler.
Aujourd'hui c'est lundi, ce qui signifie que je viens de skyper (téléphoner par internet) avec maman. Elle m'a filé une indication que j'essaye de suivre. Vous savez, comme pour moi ici tant de choses sont devenues si normales, si omniprésentes et au fond "inutiles de les contester ou de s'en étonner" que j'en ai complètement oublié de vous décrire un peu la vie ici.
Par exemple le fait que je mange par terre avec ma famille. Depuis peu (maman les a envoyés en cadeau avec le paquet) nous possédons des sets de table, qui peut-être stopperont un peu les fourmis, on verra si ma mère les utilise.
oui, et les fourmis - bon, c'est aussi la normalité. Régulièrement le soir j'en ai une qui se promène sur ma brosse à dent, et quand je l'ai raconté à maman et que sa réaction (compréhensible) fut "beh", j'ai réalisé que c'est vraiment quelque chose qui pourrait m'énerver si j'arrivais directement d'allemagne en asie.
A présent encore quelques pensées longuement entretenues sur les thais en général.
Ce sont des gens avec une grande bonté de coeur, ou au moins ils ne mentent pas et ne veulent pas du mal aux autres. Par contre ils sont habituellement extrêmement (excusez-moi, j'ai un jugement sévère, mais ce sont mes observations les plus franches et sans préjugés) superficiels. Ca colle avec la remarque que j'ai déjà enoncée sur le fait que tout pouvait partir en morceaux après première utilisation, pourvu que ca ai encore un aspect pimpant et "en bon état". Je pourrai m'appesantir encore longtemps sur ce sujet, cependant je ne voudrai pas vous ennuyer ou blesser quelqu'un. J'ai mes arguments, mais je vous en ferai part personnellement plus tard. Comme pour la plupart des choses - car j'ai vraiment du mal à vous expliquer tout ce qu'on pourrait savoir en passant par l'écriture.
Bref - peut-être encore une affreuse habitude ou un usage (je ne veux vraiment pas me plaindre, j'ai appris à vivre avec, mais j'aimerai quand-même vous en plarler). Les thais ne connaissent pas la coutume d'attendre que les gens aient fini de parler.Tu es au milieu d'une discussion captivante avec Lynn ou Jenny, et pourtant tu es constamment interrompu par une Ajan Gai ou Kru Nu qui n'ont qu'une futilité ou un souhait à exprimer. Je l'ai dis, on s'y habitue, mais au début je prenais ca régulièrement pour un affront. Oh, et est-ce-que je vous ai déjà raconté que roter ou péter, c'est pas un problème? Au début je n'étais jamais trés sûr, et je ne voulais pas être impertinent et demander - jusqu'au jour où ma première mère d'accueil s' assit à table pendant que j'étais à l'ordinateur et en présence de toute la famille permit à ses intestins de s'aérer. Oui, depuis je le sais -
Au fond j'en ai assez dis. Je vous torture sûrement, mais ho! Sauf quelques-uns je n'exige de personne qu'il subisse ca!
Je voudrai quand même mentionner comment je vais.Je ne pense pas que grand chose change dans la période qui vient. Eh bien - on pourrait l'exprimer de la facon suivante: je trouve ca tout à fait "OK" d'être ici. Ce n'est évidemment pas une continuelle fête, car moi aussi j'ai appris à vivre ici. C'est beau et je me réjouis d'avance en pensant à toutes les aventures que j'aurai le droit de vivre sur mon chemin ici, donc c'est tout simplement absolument "juste" (donc OK) d'être là.Et si on veut aussi les prochaines 29 semaines.Et quand même je n'attends rien avec autant de plaisir que le jour où je me retrouverai à l'aéroport de Francfort et où je pourrai tracer sur l'autoroute à 220 /h avec papa. Je pense avec bonheur à mon premier bain (ca n'existe pas ici), au prochain automne, à la prochaine fois "enfin" de nouveau à Paris, au premier petit déjeuner au tofu grillé chez les Pfeiffer , à mon premier cours d'histoire où j'ai le droit de participer (ici en thailande: cours ex-cathedra) et la première soirée tranquille chez Nic. La première party chez Lisa, le premier dîner devant la télé à la maison, avec un coq au vin et des pommes de terre. Mais tout ceci n'est pas pour tout de suite, et c'est exactement ca qui est juste et correct.On a justement besoin de ces quelques semaines d'absence pour apprécier les choses. Comme l'a si bien dit Terry: parfois le chemin facile n'est pas le meilleur.
Je vous quitte avec ce message, ne croyez pas que ca me déplairait d'avoir de vos nouvelles et ne vous sentez pas contraints de m'écrire ... heuheu
(Phrase intraduisible d'un poète allemand n.d.t.)
Au revoir, les amis (en francais dans le texte, n.d.t.)
Valentin
PS.: j'ai enfin pu me débarasser de mon surnom thai pourri "dthoen". Cependant les thais on plus de facilité à prononcer "No" au lieu de "Tino", ce qui fait que ma mère et mes copains continuent encore à jouer avec mon prénom.
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